Le gouvernement vaudois pourrait bel et bien basculer à droite. Le scénario paraissait improbable il y a quelques mois encore. Mais un vent nouveau a soufflé depuis Fribourg. Lors des dernières élections cantonales, l’UDC, Le Centre et le PLR avaient fini par s’allier au second tour. Avec succès.

Ce résultat a secoué toute la droite romande et accéléré la création d’une liste commune dans le canton de Vaud. Sur le modèle suivi depuis longtemps par les Vert·e·s et les socialistes.

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Une fois l’accord conclu, l’alliance de droite a pris un élan qui n’a jamais faibli. La sortante Christelle Luisier a très vite revêtu le costume de leader et a su créer un esprit d’équipe. L’UDC Michaël Buffat a réussi à changer de posture. Très à droite sous la coupole fédérale, il a tenu un discours modéré. Se déclarant carrément favorable à un congé parental et à des sanctions contre la Russie. Il est ainsi devenu fréquentable pour l’électorat libéral-radical et même centriste. Son positionnement d’ici au 10 avril sera déterminant pour faire basculer ou non la majorité du gouvernement à droite. Il devra jouer les équilibristes entre le parti national et ses amis de la droite vaudoise.

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Le résultat du conseiller national s’inscrit aussi dans la volonté de l’UDC de faire son retour dans les gouvernements romands. L’opération a déjà réussi à Fribourg et en Valais et pourrait se poursuivre dans le canton de Vaud. Du côté de Genève, plusieurs élus rêvent d’appliquer la même stratégie l’an prochain.

La gauche, pas une vraie équipe

Valérie Dittli a également tenu un rôle clé dans l’alliance de droite. La candidate du Centre a su bousculer les habitudes de politiciens bien établis. Elle a aussi contribué à forger une attitude combative à une liste qui a réussi à imposer ses thèmes de campagne. La gauche, elle, s’est contentée de défendre son bilan, sans grand projet novateur.

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Par ailleurs, les trois sortantes socialistes Nuria Gorrite, Rebecca Ruiz et Cesla Amarelle, ainsi que le Vert Vassilis Venizelos n’ont pas donné l’impression de former une réelle équipe. Ils n’ont pas répondu, non plus, aux inquiétudes de la population en matière de pouvoir d’achat ou de transition énergétique. Si la gauche veut maintenir sa majorité au gouvernement, elle devra enfin faire campagne.

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