Je connaissais la guerre de Cent Ans et celle des Six-Jours. Je n’avais par contre pas entendu parler, avant une rapide recherche sur internet, de la guerre de quatre-vingts ans qui déchira les Pays-Bas aux au XVIe et XVIIe siècles, ni de la Guerre des dix ans que vécut Cuba à partir de 1868. Lorsqu’on évoque un conflit, on aime en connaître la durée, faute de pouvoir toujours en maîtriser les tenants et les aboutissants. Ce n’est pas pour rien que les deux grands conflits mondiaux du XXe siècle sont souvent évoqués par les simples 14-18 et 39-45.

Le cinéma a toujours eu ce fantasme de rendre la guerre perceptible. Avec Les Sentiers de la gloire, Kubrick dénonçait en 1957 l’absurdité de certains ordres. A trente-six ans d’intervalle, Le Jour le plus long (1962) et Il faut sauver le soldat Ryan (1998) tentaient de leur côté d’immerger le spectateur au cœur du débarquement de juin 1944. Les deux sont devenus des jalons, le second atteignant même, grâce à l’habileté de Spielberg, un degré de réalisme rare.