Les diverses catastrophes qui ont secoué le monde des cryptomonnaies en novembre ont presque fait oublier que les marchés financiers traditionnels ont connu un mois remarquable. Les actions européennes et américaines ont respectivement progressé de 6,9% (pour l’indice STOXX 600) et de 5,6% pour le S & P 500. Une broutille par rapport aux 26,8% atteints par l’indice chinois Hang Seng, ragaillardi par des indications que Pékin s’éloigne de sa politique de zéro covid. Le mouvement ne se limite pas aux actions: 35 des 38 actifs suivis par Deutsche Bank ont connu un novembre positif, selon un rapport de la banque allemande.

Les obligations gouvernementales ont également profité de signes que l’inflation pouvait avoir atteint un pic, ce qui pousserait les banques centrales à relever moins vite leurs taux d’intérêt, et à les redescendre plus tôt que prévu. Les Bons du Trésor américains ont ainsi connu leur meilleur mois depuis mars 2020, avec +2,8%. Soit un peu mieux que la performance des Gilts britanniques (+2,8%), qui avaient été passablement secoués à la suite de la présentation du mini-budget de l’éphémère gouvernement de Liz Truss, fin septembre.

Quand même des perdants

Enfin, tous les indices de crédit suivis par Deutsche Bank ont également progressé en novembre, tandis que du côté des métaux, le cuivre (+10,5%) et l’or (+8,3%) ont brillé après sept mois de baisse consécutifs.

Bien sûr, novembre a aussi eu ses perdants: le pétrole, avec le baril de Brent en recul de 9,9% à 85 dollars, le dollar et bien sûr les cryptomonnaies, secouées par la faillite de la plateforme FTX. Le bitcoin a ainsi perdu 16% en novembre, ce qui porte à -63% sa performance depuis janvier, tandis que la deuxième plus grande crypto, l’ethereum, a baissé de 17% sur le mois écoulé.

Malgré ce tableau globalement positif pour les actifs traditionnels, les investisseurs restent plutôt pessimistes, prévoyant une récession pour 2023. Ils n’oublient pas non plus que les principaux indices actions restent en territoire négatif depuis le début de l’année (-13% pour le S & P 500 par exemple) ou que les Gilts anglais essuient une perte de 21% depuis janvier.

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