DÉBAT

Economie verte: magnifique opportunité pour la qualité de vie et la compétitivité des entreprises

Au pessimisme des milieux économiques «qui frôle l’aveuglement», la conseillère d’Etat vaudoise Béatrice Métraux (Les Verts) oppose les «pistes d’action» aussi raisonnables que nécessaires que dessine selon elle l’initiative «Pour une économie verte»

On entend et lit toutes sortes de choses, certaines pour le moins farfelues, sur l’économie verte.

L’initiative a pourtant un but simple et précis: ramener d’ici à 2050 notre empreinte écologique, c’est-à-dire notre impact sur l’environnement, à l’équivalent d’une planète. Car si tout le monde exerçait la même pression que la Suisse sur nos écosystèmes, nous aurions besoin de l’équivalent des ressources de trois planètes pour subvenir à nos besoins.

Nous n’en avons pourtant qu’une seule, et il est indispensable d’en préserver les ressources pour ne pas compromettre la qualité de vie des générations futures. Tout ce que nous gaspillons aujourd’hui, c’est ce qu’elles ne pourront pas utiliser demain.

Pas de douches froides ou d’interdiction de manger de la viande

Rédigée en termes généraux, l’initiative laisse le soin au Conseil fédéral et au parlement de mettre en place les mesures concrètes permettant d’atteindre cette durabilité. Elle énonce cependant des pistes d’actions: soutien à la recherche et à l’innovation, incitations fiscales positives ou encore mise en place de synergies entre les activités économiques.

On est donc bien loin des douches froides et de l’interdiction de manger de la viande dont nous parlent les opposants au texte.

Ces derniers ont également affirmé à maintes reprises que la Suisse était un bon élève en matière d’environnement, et qu’il n’y a pas eu besoin d’une action des pouvoirs publics pour que les acteurs économiques se mettent au recyclage et à la gestion efficiente des ressources.

Une action étatique mesurée est utile

La réalité est cependant bien plus nuancée. Celles et ceux qui ne veulent pas d’une économie plus écologique oublient par exemple que le recyclage du verre et du PET – pourtant cité en exemple du génie environnemental animant l’économie privée – est régi depuis l’an 2000 par une ordonnance fédérale. Cette dernière fixe des normes claires et des buts à atteindre, obligeant notamment les points de vente à reprendre les emballages pour boissons vides. C’est là la preuve que, loin de pénaliser l’économie, une action étatique mesurée peut l’aider à atteindre des objectifs ambitieux.

Plus généralement, il est faux de voir en cette initiative des barrières et des contraintes pour notre prospérité. Il s’agit au contraire d’une magnifique opportunité qui nous est donnée de garantir sur le long terme notre qualité de vie et de renforcer la compétitivité de nos entreprises.

Un pessimisme qui frôle l’aveuglement

Penser qu’en l’espace d’un peu plus d’une génération nous ne serons pas capables de réduire notre consommation d’énergie et de ressources, c’est faire preuve d’un pessimisme qui frôle l’aveuglement, et ne témoigner aucune confiance en les progrès technologiques ou en la capacité d’adaptation de nos entreprises. D’autant plus que le simple fait de respecter nos engagements déjà pris (COP21 par exemple) nous permettra de réduire de 2/3 notre impact sur l’environnement.

Aujourd’hui déjà, le secteur des énergies renouvelables et de l’économie verte représente des centaines de milliers d’emplois dans notre pays, soit plus que des secteurs tels que le tourisme ou les pharmas. Des milliers de nouveaux emplois y sont créés chaque année, à un rythme deux fois plus soutenu que celui de l’économie en général.

Garantir notre qualité de vie et celle des générations futures

Qu’on le veuille ou non, l’avenir est à une économie plus efficiente et moins gourmande en ressources. La transition est déjà en marche. Nous avons le choix d’en faire une chance pour notre pays, en investissant dès aujourd’hui dans l’innovation et les énergies renouvelables, ou alors de subir sans rien faire les effets de l’épuisement des ressources, ce qui nous amènera à agir à terme dans l’urgence et en prenant des mesures drastiques.

Soutenir l’économie verte, c’est donc garantir notre bien le plus précieux: notre qualité de vie et celle des générations futures.

Lire aussi la tribune de Heinz Karrer:  Non à «Economie verte» car la Suisse a tout à y perdre


Béatrice Métraux, conseillère d’Etat vaudoise (Les Verts).

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