Dans quelques jours, de hauts responsables bancaires se pencheront une nouvelle fois sur le sort de la Banque Cantonale de Genève. Il s'agira de décider où ira le demi-milliard du crédit consortial que ses consœurs cantonales ont accordé à la BCGE pour diminuer sa charge de refinancement. Cet argent ira-t-il en ligne directe à la banque et, dans ce cas, que penseront ses bailleurs de fonds alémaniques d'une nouvelle hausse de son endettement interbancaire? Ira-t-il au contraire au canton, qui pourrait ainsi reverser la manne à la fondation de valorisation des actifs destinée à gérer les crédits douteux immobiliers de la banque, ce qui soulagerait son bilan?

Dans tous les cas de figure, la BCGE est engagée dans une spirale dangereuse. Celle d'un refinancement toujours plus coûteux et aléatoire, alors que les revenus fondent. Pour mieux respirer, la banque doit maigrir, évacuer rapidement le boulet de la fondation de valorisation et redimensionner ses activités de crédit en révisant sa conception du soutien à l'économie cantonale. La maigreur de son bénéfice brut, désormais, ne lui donne plus les moyens de ses ambitions.

Mais, pour regagner des forces opérationnelles, la BCGE doit aussi s'engager dans une stratégie de partenariat. On le sait, les Vaudois et leur banque cantonale sont dans de bonnes dispositions. Ils ne pourraient pas vivre à côté d'un voisin dont l'établissement financier serait en permanence aux soins intensifs. Mais, on le sait aussi, le dossier d'un rapprochement est hypothéqué par des contentieux politiques entre les deux cantons. Comme celui de la fiscalité des Vaudois travaillant à Genève.

Alors qu'on évoque l'idée d'un rapprochement politique entre Vaud et Genève, il serait politiquement inconcevable que, pour garantir son avenir, ce soit sur les bords de la Limmat, avec la Banque Cantonale de Zurich, que la BCGE aille faire ami-ami.

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