La question se pose donc: réagit-on aux coupures de gaz poutiniennes ou à l’émotion provoquée par les feux de forêt et la sécheresse? Les deux, mon général! En gros, on fait d’une pierre deux coups en changeant, sous la pression russe mais peut-être durablement, des habitudes que l’on aurait dû modifier depuis longtemps.
Certes, la tension énergétique due à la guerre entraîne aussi des décisions néfastes pour l’environnement, comme la possibilité de rouvrir une centrale à charbon, l’accélération de la construction d’un terminal méthanier ou l’augmentation de l’usage des cheminées pour le chauffage des résidences privées. Mais ces changements-là sont en grande partie temporaires. Certaines mesures d’économie d’énergie, par contre, comme l’extinction des publicités lumineuses la nuit ou l’interdiction pour les commerces climatisés de laisser leurs portes ouvertes sur la rue en permanence, pourraient tout à fait s’inscrire dans la durée, quelle que soit l’issue du conflit ukrainien.
Bref, la lutte contre le réchauffement climatique pourra peut-être dire merci à Vladimir Poutine et à son usage du gaz comme arme de guerre (en Europe en tout cas). Un nouvel accélérateur de la transition écologique après les espoirs déçus du Covid-19. Déçus, car on peut s’interroger aujourd’hui sur la durabilité de certaines habitudes imposées par les confinements, comme le moindre recours à l’avion. Le monde d’après, ce n’est peut-être pas pour aujourd’hui. Espérons que ce sera pour demain.