Hexagone Express

Egalité, fraternité… et toujours moins de liberté

OPINION. Il paraît que l’avocat et essayiste François Sureau a l’oreille d’Emmanuel Macron. Tant mieux. Dans son dernier livre, «Sans la liberté», ce dernier plaide pour l’audace, le pardon, l’oubli et met en garde contre la tradition française du «Tout Etat» qui assombrit l’horizon national

Un détail suffit parfois à dire la dissidence. Chez François Sureau, dont le bureau du Quartier latin a l’allure cossue d’un cabinet juridique à succès, ce détail a la forme d’une pipe. Mieux: l’avocat auprès du Conseil d’Etat et de la Cour de cassation, les deux plus hautes juridictions françaises, tapote celle-ci sous le regard des soldats de la Grande Guerre du peintre suisse Eugène Burnand (1850-1921). Fumeur à l’ancienne. Vieille école. Vieille République. Vieux refrain: la liberté face à l’égalité. Son dernier ouvrage Sans la liberté (Ed. Gallimard) est comme noyé dans la bibliothèque bien remplie. «Je vois se mettre en place une République de la rétention, assène l’intéressé, par ailleurs cadre de réserve de la Légion étrangère. Or l’histoire a montré que plus l’Etat prétend être puissant, plus le sens des responsabilités s’estompe…»

Lire aussi l’opinion:L’égalité ne serait-elle pas le vrai sujet du moment?