Un détail suffit parfois à dire la dissidence. Chez François Sureau, dont le bureau du Quartier latin a l’allure cossue d’un cabinet juridique à succès, ce détail a la forme d’une pipe. Mieux: l’avocat auprès du Conseil d’Etat et de la Cour de cassation, les deux plus hautes juridictions françaises, tapote celle-ci sous le regard des soldats de la Grande Guerre du peintre suisse Eugène Burnand (1850-1921). Fumeur à l’ancienne. Vieille école. Vieille République. Vieux refrain: la liberté face à l’égalité. Son dernier ouvrage Sans la liberté (Ed. Gallimard) est comme noyé dans la bibliothèque bien remplie. «Je vois se mettre en place une République de la rétention, assène l’intéressé, par ailleurs cadre de réserve de la Légion étrangère. Or l’histoire a montré que plus l’Etat prétend être puissant, plus le sens des responsabilités s’estompe…»

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