Éditorial

Egalité dans les marches pour l’égalité

ÉDITORIAL. «#MeToo» a provoqué une prise de conscience générale, le combat des femmes, le 14 juin, doit aussi inclure les hommes

Depuis l’affaire Weinstein et la vague #MeToo, le féminisme est revenu sur le devant de la scène. Bien au-delà d’une simple tendance de société, un mouvement de fond a ébranlé notre manière de vivre. Le besoin d’égalité des femmes qui s’est exprimé dans les manifestations de rue des années 1960 et 70 a été par la suite souvent vilipendé, et s’est retrouvé cantonné aux universités, aux cercles intellectuels, avant de ressurgir brusquement dans nos vies.

Cette prise de parole a montré au monde que, non, nous n’en avions pas terminé avec le sexisme dans la vie quotidienne, au travail, dans les lieux de formation comme dans l’espace public.

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La conscience d’un mal si omniprésent a été partagée par tous. Beaucoup de femmes ne pensaient pas que le phénomène atteignait une telle ampleur, et bien des hommes ont compris qu’ils devaient faire leur part du travail. Les agresseurs se sont sentis visés – c’est tant mieux – et même ceux qui pensaient avoir un comportement adéquat ont dû faire leur examen de conscience. Le combat de quelques-unes doit devenir celui de tous ou, du moins, du plus grand nombre.

Que les femmes aient besoin parfois de cercles de parole, de lieux où échanger des expériences entre elles seules, c’est normal et nécessaire. Mais, à l’heure du changement et de la protestation publique, toutes les énergies doivent être rassemblées.

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L’engagement des femmes autour de la grève du 14 juin n’est pas – et ses organisatrices le répètent haut et fort – un combat contre les hommes. C’est un combat pour faire changer la société. Il ne s’agit pas qu’un sexe prenne le pas sur l’autre, il s’agit, précisément, de changer un monde où un sexe peut encore prendre le pas sur l’autre; où les rapports sont, consciemment ou inconsciemment, trop souvent basés sur une compétition déloyale, et pas seulement entre les sexes.

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L’égalité n’est pas un luxe auquel les femmes souhaitent accéder à titre gracieux, aux dépens d’un autre groupe, c’est un bien qui doit être commun à tous les humains et qui dépasse largement les seules visées féministes. La mixité, elle non plus, ne concerne pas que les hommes et les femmes; elle concerne l’ensemble de la famille humaine dans toute sa diversité. Inclure apparaît donc comme la meilleure solution.

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