Il existe un persistant écart statistique entre les salaires masculins et féminins. Les employeurs s’obstineraient-ils donc à discriminer ainsi les femmes? C’est ce que pensent les milieux syndicaux qui défendent les travailleuses et qui prônent un renforcement des lois sur l’égalité. A l’autre bout du spectre, les syndicats patronaux contestent l’interprétation que l’on fait des statistiques et défendent le statu quo.

Valérie Borioli Sandoz, responsable politique de l’égalité, à Travail. Suisse, constate que «le Conseil fédéral propose une révision de la LEG timide et lacunaire. Aucune trace d’une quelconque police des salaires: chaque entreprise de plus de 50 employés – soit 2% de toutes les entreprises – devra réaliser en interne une analyse de son système salarial. Tous les quatre ans, elle s’assurera qu’elle a travaillé correctement grâce à un contrôle effectué par un partenaire de son choix. Aucune mesure correctrice, aucun contrôle par l’autorité, et surtout aucune sanction ne font partie du projet.» Elle poursuit: «Et pourtant les milieux patronaux faîtiers emploient leur énergie et leurs ressources à tirer sur le messager au lieu de s’occuper du message. On critique les méthodes de mesure statistique, on chipote sur les équations, on doute des critères d’analyse… tout cela au lieu de proposer des solutions aux entreprises».

Lire son point de vue ici: «Faut-il une «initiative de mise en œuvre» pour faire respecter le principe constitutionnel de l’égalité entre femmes et hommes?»

Tout à l’opposé, Sophie Paschoud, du Centre patronal vaudois estime que «toute nouvelle mesure en la matière doit être rejetée. Au-delà de la question de principe, qui s’oppose à ce que l’Etat s’immisce dans les relations entre particuliers, on constate que le fondement même des modifications légales envisagées ou souhaitées est fortement sujet à caution, puisqu’il repose sur des données statistiques dont on ne peut en réalité strictement rien déduire quant aux pratiques des employeurs, contrairement à ce que martèlent depuis des années les tenants d’un durcissement de la loi.».

Elle plaide ici pour le statu quo: «Non à de nouvelles mesures en matière d’égalité salariale»

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