Voici deux ans que l’Europe a les yeux rivés sur le Brexit, sa première amputation, avec l’angoisse de voir un effet domino provoquer l’implosion finale de l’Union. Pourtant, cette même Europe, loin des lumières, poursuit son extension. Et de nombreux Etats frappent encore et toujours au portillon de Bruxelles pour devenir membre du club. Si la candidature turque semble pour longtemps reléguée aux calendes grecques, il n’en va pas de même avec les Balkans occidentaux. Six pays sont en lices: Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Monténégro, Serbie, Albanie et Macédoine du Nord. L’ouverture de négociation d’adhésion devait être validée le mois dernier avec ces deux derniers Etats. C’était du moins le plan apparemment unanime avant que la France n’y mette son veto.

Doutes français

Paris ne remet pas en question l’objectif, l’adhésion, mais conteste la méthode pour y parvenir. La France a de bonnes raisons de vouloir marquer une pause: l’élargissement à l’Est n’a pas encore été digéré. Les nouveaux Européens élisent des gouvernements qui rompent avec les valeurs de l’UE. Le nombre d’Etats et leur poids relatifs dans la mécanique bruxelloise paralysent toute velléité de réforme institutionnelle. Il est temps de revoir la formule pour élargir la famille, estime Emmanuel Macron. La France propose un modèle en sept étapes pour une adhésion complète: Etat de droit et droits fondamentaux; éducation et recherche; emploi et affaires sociales; affaires financières; marché unique et agriculture; affaires étrangères; et «autres». Un candidat ne rejoindra l’Union qu’une fois en conformité avec ces critères.