Cela va devenir la prémisse à toute analyse au sujet des prochaines élections en Suisse: de quelle façon les vagues successives de la crise sanitaire influenceront-elles les choix des citoyens? De ce point de vue, la consultation populaire de ce dimanche a presque l’air incongrue ou divertissante, au sens littéral, malgré les passions qu’elle suscite: les thématiques abordées datent de bien avant la pandémie et n’ont guère de rapport avec elle.

Les vrais tests électoraux post-deuxième vague, rapides autant que fiables, pour une fois, vont désormais commencer, à l’image des élections communales que connaîtra bientôt le canton de Vaud, en mars prochain. Plus de 300 communes vont alors renouveler leurs exécutifs et législatifs.

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Il faut tout d’abord souligner qu’il y aura une part d’injustice à voir les candidats jugés aussi sur la gestion d’une crise du coronavirus à laquelle les municipalités n’ont guère été associées. Certaines s’en sont plaintes, à commencer par les villes, réduites comme les plus petites bourgades à se contenter d’appliquer, gérer ou accompagner comme elles le pouvaient des mesures décidées à Berne ou au Château cantonal. Et au printemps, celles et ceux qui se présenteront devront pourtant proposer des idées et programmes tenant compte non seulement des évolutions politiques nationales marquées par la durabilité et les inquiétudes climatiques, mais aussi des conséquences économiques et sociales de la pandémie actuelle.

La ville, un révélateur puissant

Il faut y voir également une chance: car s’il fallait démontrer à la population l’utilité souvent décisive, aux implications immédiates et tangibles, de la politique locale, la crise a agi comme un révélateur puissant. Organisation des tests, transports et télétravail, gestion des mesures de protection dans les cafés et restaurants, aides et bons de toutes sortes pour aider l’économie, solidarités diverses se réinventant: les élus locaux n’ont sans doute jamais été autant au front.

La logique électorale d’une pareille visibilité peut se lire comme une possible «prime aux sortants» que la crise du coronavirus aurait donc accrue. C’était sans doute le cas après la première vague. Mais la deuxième a lézardé une partie de la confiance et de la discipline des citoyens envers leurs autorités. L’hypothétique troisième vague que certains prédisent déjà après les Fêtes ne pourrait ensuite que renforcer ce qui ressemblerait alors à un début de défiance, avec le «dégagisme» pouvant en découler.

Nous n’y sommes, et de loin, pas encore. Mais c’est bien à un exercice électoral de politique très concrète que seront appelés les Vaudois en mars, en des scrutins qui s’annoncent passionnants, et peut-être plus incertains que prévu.

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