ÉDITORIAL

Elections fédérales, le 3e tour genevois

ÉDITORIAL. En acceptant clairement une initiative visant à brider le développement de l’aéroport international, les Genevois ont confirmé que la vague verte avait de l’avenir en Suisse. Cette victoire n’exonère pas les Verts d’une nécessaire clarification. Le parti doit sortir d’une ambiguïté qui ne le sert que provisoirement

L’aéroport international de Genève a toujours été présenté par les autorités cantonales comme un des moteurs de la croissance de la région. C’est donc ce levier que les Genevois ont décidé de briser. Ils ont voulu mettre fin, par les urnes, à une spirale vue comme infernale: davantage de terminaux pour plus de passagers, pour plus de vols. En ces temps de grogne sociale en France, il faut se réjouir qu’ils aient pu le faire grâce à notre système qui permet à des citoyens, ici un regroupement de riverains, de changer le cours des choses.

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Leur vote va introduire un nouvel article dans la Constitution genevoise. Sa traduction dans la loi sera compliquée, tant la gouvernance de Cointrin entremêle les niveaux: cantonal, fédéral et international. Les autorités vont devoir faire preuve d’imagination, et les vainqueurs de souplesse, afin que la volonté populaire soit respectée sans rendre Cointrin ingouvernable.

Ce choix, comme l’élection à Bâle-Campagne d’une cinquième conseillère aux Etats, confirme les résultats électoraux de cet automne, décidément vert. En Suisse, la vague écologiste a de l’avenir.

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Ce dimanche, c’était en quelque sorte le troisième tour des élections fédérales, à Genève. Le combat des riverains de l’aéroport a été porté, politiquement parlant, par Lisa Mazzone, sénatrice verte élue. Les citoyens devaient se prononcer sur deux autres objets qui relèvent directement du discours qui a permis aux Verts de devenir le quatrième parti du pays.

Fait rarissime: on ne connaît pas encore de manière certaine la décision populaire concernant le déclassement d’une zone agricole à proximité de l’aéroport, et la destruction de villas au centre-ville. Le premier objet est passé pour 15 misérables voix alors que 114 ont sauvé le «dernier village» du Petit-Saconnex. Un recomptage des bulletins a été décidé, si bien que ces résultats doivent être considérés comme provisoires. Ils dessinent toutefois un canton profondément divisé sur les questions d’aménagement du territoire. Un débat de fond est à présent nécessaire. Sans lui, on doute que le développement du secteur Praille-Acacias-Vernets, présenté comme essentiel pour l’avenir du canton, se fasse en toute sérénité. D’autant plus que les premières constructions qui sortiront de terre annoncent des densités record.

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Une autre clarification est nécessaire. Les Verts genevois ont défendu la permanence de villas au centre-ville aux côtés de mouvements parmi les plus conservateurs qui soient. Ils doivent sortir de cette ambiguïté. Faute de quoi, ce grand écart, sur ce point comme sur d’autres sujets de société, leur sera préjudiciable aux élections municipales qui se profilent.

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