La chronique

Elections fédérales: quid des petits partis?

Il semblerait que les petits partis puissent perdre des plumes lors des prochaines élections fédérales, au profit des grandes formations. Ils ont en effet faibli lors des élections cantonales durant la législature, ce qui s’explique aisément au vu de leurs programmes respectifs.

Le PBD (5,4% des voix en 2011) repose essentiellement, voire uniquement, sur sa conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf. Il paraît qu’elle restera au gouvernement puisque la gauche va faire en sorte que ce soit le cas, affirme sa candidate romande Christine Bussat (ancienne POP car elle pensait avec le cœur, explique-t-elle!). Le programme est disparate et ténu: mieux intégrer les femmes dans le monde du travail, augmenter les places de crèche, fixer la retraite à 66 ans pour tout le monde, limiter l’immigration en Suisse au niveau de celle de l’UE, ce qui équivaut à la diviser par cinq, sortir du nucléaire mais sans augmenter le prix de l’essence…

Les Vert’libéraux (5,4% des voix en 2011) estiment que l’écologie ne s’oppose pas à l’économie, se différenciant ainsi des Verts dont ils sont en partie issus. Eux ne sont pas nés de l’élection spectaculaire d’une conseillère fédérale mais d’un tsunami au Japon et de ses effets sur la centrale de Fukushima. Aujourd’hui, ils militent pour une transition énergétique sans nucléaire. Leur conviction à ce sujet est sans faille mais ils se sont apparentés dans le canton de Vaud avec l’UDF, qui affirme exactement le contraire. En cela, leur cœur (idéologique) a des raisons que leur raison (électoraliste) ne connaît point! Ils veulent augmenter le prix des carburants, réduire les déductions fiscales de transport et promouvoir les éoliennes pourvu qu’elles ne soient pas trop proches de la population, ce qui, en Suisse, est une gageure! Autre combat, sans lien avec le développement durable celui-là, ils militent pour que les homosexuels aient accès au mariage et à l’adoption. Ils trouvent enfin qu’il serait préférable d’aider chez eux les migrants au lieu de les importer, ce avec quoi tout le monde est d’accord, sans trouver comment y parvenir.

En négligeant les petites formations locales ou confidentielles, ne reste au-dessous de 10% que les Verts (8,4% des voix en 2011). La population les a souvent considérés comme un grand parti en raison de leur association permanente avec les socialistes et grâce à certains de ses élus, aussi compétents que respectables. Elle les croyait aussi au centre sous prétexte qu’ils se préoccupent de la planète mais ils ont trop prouvé qu’ils votaient à l’extrême gauche pour que cette illusion ne se soit pas dissipée. Cette formation pourrait bien, elle aussi, faire les frais des élections d’octobre.

Reste donc à savoir qui des quatre partis gouvernementaux tirera son épingle du jeu. Dans cette configuration, les apparentements pourraient bien faire la différence. En 2011, le PS avait obtenu 23% des sièges avec seulement 18,7% des voix, respectivement le PDC 14% des sièges avec 12,3% des voix. Or la politique d’alliance qui semble émerger dans les différents cantons reste similaire sauf que le PLR et l’UDC iront le plus souvent seuls au combat. Que cela leur réussisse ou non, il faudra mettre à leur crédit une meilleure transparence des résultats et le strict respect du vote citoyen.

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