Genève

Des élections municipales déjà chamboulées

OPINION. L’annonce de la mise en prévention de deux membres du Conseil administratif genevois change la donne de la campagne électorale naissante

L’annonce de la mise en prévention des conseillers administratifs Guillaume Barazzone et Rémy Pagani transforme la campagne qui débute à Genève en vue des élections municipales de 2020.

La formation du magistrat d’extrême gauche est la plus tonitruante depuis l’ouverture d’une enquête pénale impliquant le conseiller d’Etat PLR Pierre Maudet. Maintenant qu’un des siens est à son tour prévenu, cette fois-ci dans l’affaire des notes de frais du Conseil administratif de la ville de Genève, la formation d’extrême gauche va-t-elle continuer à soutenir que les élus sous enquête doivent démissionner? S’il a déjà payé le prix politique de cette affaire en annonçant qu’il ne se représenterait ni en 2020 ni aux élections fédérales, Guillaume Barazzone tiendra-t-il une année entière si l’enquête se corse? Sami Kanaan n’est pas mis en prévention, mais son statut de personne amenée à donner des renseignements affaiblit la position du maire socialiste de Genève, malmené en interne par une demande d’audit de son département, où les relations humaines seraient dégradées.

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Les partis sont en plein processus de désignation de leurs candidats, PDC et PLR mis à part. Aucun n’a réellement intérêt à provoquer des élections anticipées. Les futurs développements de l’enquête pourraient changer la donne. Ces mises en prévention ouvrent une annus horribilis au sein du Conseil administratif genevois, où les relations, déjà glaciales, pourraient se refroidir encore. Plus largement, elles garantissent que politique genevoise et chronique judiciaire vont continuer à s’entremêler pendant de longs mois.

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