La confiance des Suisses envers le Conseil fédéral, les gouvernements cantonaux, les scientifiques, le corps médical ou les médias a nettement reculé entre mars et fin juillet. C’est une excellente nouvelle. Selon un sondage Sotomo/Demo Scope commandé par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), le crédit accordé par la population aux décideurs et prescripteurs quant aux informations livrées sur l’épidémie de Covid-19 a reculé de 1 à 2 points sur une échelle de 1 à 10. Les journalistes, bien sûr, en ressortent la queue basse, leur crédibilité auprès de la population atteignant à peine la moyenne, hormis pour les médias, radios et télévision, de service public. Pas de quoi s’offusquer. Depuis que les sondages existent, les Suisses leur ont toujours accordé moins de considération qu’aux vendeurs de voitures d’occasion.

La place du savant vacille

Plus inhabituelle, la perte de confiance atteint tout aussi bien l’intouchable Conseil fédéral, les scientifiques ou le corps médical, à l’exception bienheureuse des médecins de famille, nos premiers recours. Certes l’OFSP, encore auréolée de la popularité de son ex-chef des maladies épidémiques, Daniel Koch, semble mieux s’en tirer que les autorités politiques. Sans doute parce que le sondage a été mené avant la pluie de critiques sur ses carences informatiques, ses cafouillages statistiques et son incapacité à harmoniser les mesures barrières. Chacun se rassurera toutefois en se comparant aux voisins, chez qui le recul de confiance se traduit par la chute dans les sondages, la défiance ou l’éclosion de mouvements protestataires.