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Elon Musk, le 6 février dernier à Cap Canaveral.
© John Raoux/AP/Keystone

Revue de presse

Et maintenant, Elon Musk veut sauver l’humanité avec un vaisseau interplanétaire

Bien qu’encore passablement utopique, la stratégie commerciale du fondateur de Tesla est maline, car porteuse de rêves. Ses prochains objectifs? La Lune et Mars, pour que les hommes échappent à l'«âge sombre» qui leur est promis

Le grand faiseur de rêves Elon Musk songe à des bases sur la Lune ou Mars pour sauver l’humanité. La société spatiale SpaceX, qui a lancé en février sa puissante fusée vers Mars, pourrait mener dès l’an prochain des vols tests de son vaisseau interplanétaire, a annoncé dimanche son dirigeant. Le but est d’installer des bases sur la Lune et sur Mars. Ce vaisseau pourra effectuer «des vols courts, des sortes d’allers-retours ascendants et descendants, probablement au premier semestre de l’an prochain», a précisé le patron lors d’une conférence à Austin, Texas.

Lire aussi: Quelques récents articles du Temps.ch autour d’Elon Musk

A long terme, le but de ces projets vise la construction de bases sur la Lune ou sur Mars, ce qui pourrait permettre d’assurer rien de moins que «la survie du genre humain et favoriser ainsi sa régénération sur Terre en cas de guerre», croit-il. Il y a en effet, dit-il encore, une «certaine probabilité» que l’humanité soit confrontée à un «âge sombre, particulièrement s’il y a une troisième guerre mondiale», affirme le milliardaire américain. Quoi de plus normal, donc, dans cette logique apocalyptique, que de vouloir «assurer qu’il reste ailleurs [ailleurs que sur Terre] une graine de civilisation humaine, de manière à pouvoir ramener la civilisation, et peut-être ainsi raccourcir la durée de cet âge sombre».

Entre la NASA et Arianespace

A 46 ans, on le sait, Elon Musk est non seulement un futurologue admiré loin à la ronde, mais aussi un des innovateurs les plus en pointe aux Etats-Unis. Sa fusée spatiale Falcon Heavy est estampillée «la plus puissante du monde» depuis la fameuse Saturn V des missions Apollo, précise Futura Sciences. Revue qui exprime cependant quelques doutes: «Il n’existe pas encore de marché pour ce type de performance et cela arrive aussi trop tôt pour le lancement des infrastructures spatiales nécessaires à l’envoi d’humains sur Mars, ou autour de la Lune, comme projettent également de le faire l’Agence spatiale européenne (ESA) et la NASA. […] Cependant, en version réutilisable, ce lanceur diminuera de moitié sa performance et se trouvera alors dans le cœur de marché d’Arianespace, celui, très lucratif, des satellites de télécommunications de plus de 5 tonnes.»

Mais qu’importe le marché à côté de l’utopie! A côté de ces songes que Musk maîtrise parfaitement, à en lire le compte rendu par CNBC à Austin, où il a reconnu entre les lignes le caractère un brin onirique de ses propos, de ce que le site 7sur7.be appelle son «nouveau projet fou». Car la destination de Falcon Heavy, c’est bien «l’espace lointain, à une distance à peu près équivalente de celle de Mars par rapport au Soleil, où l’engin sera placé en orbite après que les trois lanceurs auront repris le chemin de la terre ferme». Elon Musk «prévoit en outre d’envoyer à la fin de 2018 deux touristes faire le tour de la Lune, sur les traces des célèbres missions Apollo de la NASA entre 1960 et 1970».

Lire aussi: «Le Temps» fête ses 18 ans en retournant marcher sur la Lune

Dans cette perspective haletante, il faut donc communiquer. Et c’est exactement ce que vient de faire le monsieur «à l’occasion du festival SXSW d’Austin, au Texas», explique GQ Magazine, où il «a présenté une vidéo des coulisses du lancement de la fusée Falcon Heavy (celle qui a permis de mettre un Roadster de Tesla avec un mannequin à son volant en orbite autour de Mars). Le clip en question a été réalisé par le créateur de la série Westworld, Jonathan Nolan.» Et les images, grandioses, de cette préparation au décollage ont trouvé un parrain non moins grandiose et éminemment symbolique sous la forme d’une bande-son utilisant le hit «Starman» de David Bowie. Mais «ce n’est pas la bande-annonce d’un film ou celle d’une série télé», s’est d’ailleurs enthousiasmé Nolan dans la foulée de son commanditaire, répétant après lui qu'«on espère» que ce soit celle «d’un des prochains chapitres de l’humanité».

En rester là serait décevant. Alors, pendant ce temps, qui offre, malin comme un renard, «un soutien aussi prestigieux qu’inattendu» au président Trump dans sa «guerre commerciale» qui «fait l’unanimité contre elle»? Elon Musk, encore, qui a interpellé le locataire de la Maison-Blanche sur Twitter, en vue de «dénoncer à son tour l’attitude de l’Empire du Milieu», rapporte le site HuffingtonPost. fr:

Traduction: «Pensez-vous que les EU & la Chine ont des règles justes & équitables pour les voitures? C’est-à-dire, mêmes droits d’importation, contraintes de propriété & autres facteurs. Par exemple, une voiture américaine vers la Chine paye 25% de droits d’import, mais une voiture chinoise vers les Etats-Unis paye seulement 2,5%, dix fois moins.» Et Donald Trump a répondu: «Nous l’avons soumis à la précédente administration et il ne s’est rien passé. Veux juste une issue équitable, idéalement avec règles/droits également modérés. Rien de plus. J’espère que ça ne paraît pas déraisonnable. Pour être clair, je pense qu’une issue équitable pour tous est probable. La Chine a déjà montré sa volonté d’ouverture aux marchés et je crois qu’ils feront ce qu’il faut.»

Consolidation tous azimuts

Réconciliation? «Alors que le patron de Tesla était parti d’un bon pied avec le président américain, acceptant de devenir un de ses conseillers économiques fin 2016, ils semblaient brouillés depuis le retrait des Etats-Unis des accords de Paris sur le climat. Elon Musk a quitté son conseil en juin 2017. A-t-il l’intention de se rapprocher?» Déjà, le 7 février dernier, «il s’était fendu d’un remerciement public, après un compliment de Trump sur le lancement de SpaceX».

D’ailleurs, Musk consolide tous azimuts. Si l’on en croit le site EconomieMatin.fr, le conseil d’administration de Tesla lui a concocté un package pour le pousser «à rester à la tête de l’entreprise. La somme est vertigineuse: selon les évaluations, elle oscille entre 2,6 et 3,7 milliards de dollars. Ce paquet d’actions se découpe en 12 tranches, à débloquer sur les dix prochaines années. Chaque tranche représente environ 1% des titres Tesla, pour un total de 20,3 millions d’actions. Si Elon Musk veut décrocher ces tranches, il devra réaliser des objectifs financiers.»

Le nouveau Steve Jobs, dit-on…

Résultat des courses, «s’il veut obtenir la dernière tranche, il devra faire en sorte de pousser Tesla vers une capitalisation boursière de 650 milliards de dollars… soit dix fois plus qu’aujourd’hui! Cela paraît inatteignable, mais qui aurait pu prévoir que Tesla allait s’imposer dans le gotha de l’industrie automobile?» Si Tesla en est arrivée là où elle en est aujourd’hui, c’est bien grâce au génie, à «son intuition» et à «sa vision, que beaucoup comparent à celles de Steve Jobs dans le secteur informatique». Mais si le conseil d’administration de Tesla a agi ainsi, c’est bien «pour conserver à sa tête un PDG hyperactif», dont l’empire commence à devenir tentaculairement diversifié, donc évidemment intéressant du point de vue des investisseurs, même si le bonus personnel, selon Le Vif a de quoi «consterner» – momentanément, sans doute.

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