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Le président, avec son premier ministre, Edouard Philippe, en mars dernier.
© Keystone / PHILIPPE WOJAZER / POOL

Revue de presse

Emmanuel Macron: après son «été meurtrier», l’heure de la décision

Les failles et incertitudes apparues ces dernières semaines au cœur de la macronie laissent envisager une rentrée mouvementée, avec un troisième remaniement ministériel en vue

«L’heure de la décision» sonne ce mardi à propos de deux dossiers qui empoisonnent la rentrée du gouvernement français, annonce solennellement Europe 1: «le remaniement après la démission de Nicolas Hulot et le lancement ou non du prélèvement de l’impôt à la source au 1er janvier 2019». Plus précisément, en ce qui concerne le premier objet, il s’agit du «troisième remaniement depuis le début du quinquennat» d’Emmanuel Macron. Aura-t-on affaire à un «ajustement a minima» ou à un «grand chambardement»? Mystère et boule de gomme, pour l’heure. On en saura davantage «d’ici la fin de la journée», mais Le Monde penche pour la première hypothèse:

Le «départ théâtralisé» du ministre de la Transition écologique «oblige l’exécutif à déclencher ce qui pourrait être le premier remaniement substantiel de l’ère Macron», pensent au contraire Les Echos. La nomination du remplaçant de Hulot «s’accompagnera potentiellement d’autres changements visant à redonner un nouveau souffle à certains ministres en difficulté […]. Au-delà des personnalités à changer et de l’habituel jeu de chaises musicales où les maroquins s’échangent, ce sont les priorités qui doivent être revues.»

Lire aussi: L’ombre des lobbies plane sur le nouveau gouvernement français

Alors, comme souvent, le style de Laurent Joffrin est fleuri, qui, dans Libération, rappelle que «les emmerdes», comme le «disait poétiquement Jacques Chirac, volent toujours en escadrille». Las, «s’agissant d’Emmanuel Macron, ce n’est plus une escadrille, mais une flotte aérienne» qui a survolé la France durant cet «été politiquement meurtrier». Il lui suffit pour convaincre d’énumérer les «noms propres»: «Benalla, Borloo, Aquarius, Hulot, Darmanin, Gaulois, Besson, Saal, Bern.» D’où cette question: a-t-on «élu la bonne personne» pour raisonner ces «Gaulois réfractaires au changement»? Puis cette formule choc: «Jupiter tonnant ou Jupiter vacillant?»

En tout cas, prétend Le Parisien, le président «a pris sa décision concernant le remplacement de Nicolas Hulot». Mais «personne ne sait rien. Et celui qui ose dire le contraire, il ment forcément!» jure un collaborateur de l’Elysée «en pouffant de rire sur le nombre de conneries qui ont pu circuler ces derniers jours» autour de ce fameux remaniement. Cohn-Bendit dans le fauteuil de Hulot? «Un écran de fumée.»

Le président, lui, serait-il bloqué «dans les hauteurs», comme le dit Le Figaro? «La bise étant venue», les Français «ne voient plus qu’un président hautain» et cachottier, parce que «toucher à un nombre substantiel de portefeuilles» reviendrait à «admettre un dysfonctionnement significatif de son équipe actuelle». «Trop sûr de lui peut-être, le jeune lieutenant de vaisseau qui avait expédié à fond de cale le capitaine de pédalo commence à éprouver les mêmes doutes que ses prédécesseurs», estime Le Républicain lorrain. Tout en continuant à gouverner:

Dans ce contexte, les «deux épreuves de rentrée» sont «à ne pas rater», commente Le Courrier picard. Car «les Français professeurs, indulgents pour les petits nouveaux de l’an dernier, le sont beaucoup moins pour les élèves en deuxième année». Il est ainsi «difficile d’imaginer l’arrêt d’une spirale négative qui entraîne la popularité de l’exécutif au niveau de l’abîme hollandais», juge la Charente libre: «Ce moment est l’occasion pour Emmanuel Macron de donner ce qui manque le plus à ces quinze premiers mois: du sens.»

D’après Christophe Bouillaud, professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble interrogé par le site Atlantico.fr, «le vrai apport dont on aurait bien besoin le gouvernement Philippe serait celui de personnalités ayant une profondeur politique et surtout ayant eu à affronter le suffrage universel, autrement dit des politiciens sachant sentir les mouvements de l’opinion publique et sachant s’exprimer librement. […] Le côté «armée des clones» de la communication gouvernementale actuelle offre certes une cohérence sans faille, mais il donne aussi l’impression d’avoir affaire à des personnalités sans profondeur intellectuelle aucune, voire sans opinions politiques bien arrêtées.»

Castaner, Collomb…

Passons donc aux rumeurs. Cela ferait-il sens que le ministre des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, et celui de l’Intérieur, Gérard Collomb, scrutent d’autres horizons? Le Figaro en fait l’hypothèse. Si le premier «pourrait quitter le gouvernement pour se consacrer à la direction de son parti en vue des élections européennes de mai», le second, «affaibli par l’affaire Benalla», pourrait «faire son retour devant les électeurs de Lyon aux prochaines municipales de 2020». Il a d’ailleurs indiqué le 20 juin dernier au Progrès la création d’une association destinée à «engager un dialogue pour voir quelles sont les grandes perspectives à vingt ans» de la métropole lyonnaise.

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