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French President Emmanuel Macron grimaces as he attends a dinner organised by the French Council of the Muslim Faith (CFCM) to break the fast of Ramadan, in Paris, on June 20, 2017. / AFP PHOTO / Benjamin CREMEL
© AFP/Benjamin CREMEL

Planète éco

Emmanuel Macron, c’est le chamboule-tout

«Ni de gauche, ni de droite», Macron a su se présenter comme un défi aux partis qui se sont succédé au pouvoir depuis des décennies. Même s’il est un pur produit de l’élite, écrit notre chroniqueur Charles Wyplosz

La France, pays des grèves, où les trains sont toujours en retard, les fonctionnaires tout-puissants et les enseignants bien souvent en congé de maladie. Pays incapable de se réformer et dirigé par des présidents-monarques caricaturaux. Le French bashing pourrait bien prendre un coup de vieux. Les Américains ont Trump, les Anglais se sont tirés dans les pieds avec le Brexit puis des élections malencontreuses. Les Allemands s’apprêtent à réélire pour la quatrième fois une chancelière qui n’a fait aucune réforme chez elle mais a voulu réformer les autres pays de la zone euro. Beppe Grillo continue de faire le clown en Italie et pourrait suivre les traces de «il buffone» Berlusconi au palais Chigi. Mais la France a un président jeune, beau et intelligent, et qui a des idées saines. Il va transformer le pays, prendre la direction des affaires en Europe et sauver le monde de la catastrophe écologique promise par Trump. Cocorico!

Et si tous ces événements étaient liés? Partout, ou presque, dans les pays développés on retrouve le même mécontentement. Les petits et moyens revenus stagnent pendant qu’ils explosent tout en haut de l’échelle. Ceux qui ont pu sauter dans le train des technologies de l’information ou dans celui de la globalisation en profitent à plein. Ils ne semblent pas se soucier de ceux qui sont restés en gare, qui voient leurs emplois disparaître ou, dans les cas favorables, peuvent continuer leur travail mais sans espérer des gains substantiels de leur pouvoir d’achat.

Ceux qui critiquent le mieux

Tout cela dure depuis un moment. La grande crise financière, qui n’était pas censée se produire, a cristallisé les angoisses et la colère. Le chômage a augmenté, parfois violemment, tout comme l’endettement public, ce qui a amené la plupart des gouvernements à adopter des politiques d’austérité au mauvais moment. Les banques centrales ont essayé de compenser en bloquant pendant des années les taux d’intérêt à zéro, quand elles ne les ont pas poussés en dessous de zéro, donnant l’impression d’un monde qui devient fou. Et même dangereux, si l’on ajoute la montée de l’islamisme un peu partout dans le monde, y compris sous forme d’actes terroristes dans les pays développés.

Difficile de ne pas conclure que les gouvernements sont désemparés après avoir été impuissants à conjurer la montée des périls. Et ce n’est pas seulement des politiciens qu’il s’agit, mais aussi de toutes les élites, impliquées de près ou de loin dans ce qui apparaît comme une succession d’échecs. Les électeurs ont perdu confiance et s’en sont remis à ceux qui critiquent le mieux, même si leurs propositions sont délirantes. Aux Etats-Unis, le quasi-marxiste Sanders a failli culbuter Hillary Clinton, qui a été battue par un Trump qui ne paraît pas toujours habité par la logique la plus élémentaire. En Grande-Bretagne, la victoire est aussi allée aux franges de l’échiquier politique lorsqu’un autre quasi-marxiste, Corbyn, a capturé le Parti travailliste tandis que des anti-européens fanatiques ont remporté le référendum sur le Brexit. Des phénomènes semblables ont amené au pouvoir des extrémistes en Grèce, en Hongrie et en Pologne, ou aux portes du pouvoir en Autriche et aux Pays-Bas.

Pas d’exception française

La France paraît une exception, mais ce n’est pas vraiment le cas. «Ni de gauche, ni de droite», Macron a su se présenter comme un défi aux partis qui se sont succédé au pouvoir depuis des décennies. Même s’il est un pur produit de l’élite, il a donné l’impression de la répudier, y compris par son histoire personnelle. En même temps, parce qu’il fait partie de l’élite, il a paru plus crédible que les collègues extrémistes français de Corbyn ou Trump. Macron, c’est le chamboule-tout (un bon mot de Laurent Fabius) sans le risque-tout. C’est là sans doute la leçon pour les autres pays développés. Les citoyens veulent une remise en cause profonde de leur monde politique, portée par des nouveaux visages courageux, mais ils préfèrent sans doute des gens compétents, et somme toute mesurés, à des aventuriers. Les populistes gagnent par défaut, quand il n’y a pas d’alternative crédible pour faire le chamboule-tout.


 

La précédente chronique: Trump et le commerce international: tant d’ignorance!

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