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Manifestation organisée par le syndicat CGT à l'entrée de l'usine Whirlpool qu'a visité le candidat Emmanuel Macron. Amiens, 26 avril 2017.
© EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

opinion

Avec Emmanuel Macron, enfin une vision claire des maux de la France

La vision économique du président élu Emmanuel Macron est adaptée aux problèmes du pays, estime notre chroniqueur, l'économiste Charles Wyplosz. C'est nouveau 

On a souvent dit que le programme économique du nouveau président Macron est vague. C’est étrange. Le programme est décrit sur son site et il a été raisonnablement chiffré. Macron en a beaucoup parlé durant la campagne, ce qui lui a valu des attaques de la droite, qui le trouve trop à gauche, de la gauche qui le trouve trop à droite, et des deux extrêmes qui le trouvent trop libéral.

Il part d’un diagnostic de l’économie de la France qui n’a rien d’original puisqu’il est en ligne avec les multitudes de rapports déjà préparés. Le chômage est le problème économique majeur. Toute la question est d’en reconnaître les causes. Pour les économistes professionnels, le problème est double: le marché du travail fonctionne mal et le poids de l’Etat (réglementations et fiscalité) asphyxie les entrepreneurs. A partir de ce constat, tout devient clair.

Code du travail et syndicats

Les conditions d’emploi et de licenciements sont tellement restrictives que les entreprises répugnent à embaucher. Elles sont amenées à produire avec le moins de main-d’œuvre possible, en automatisant au maximum et en délocalisant quand c’est possible. Plusieurs des mesures avancées par Macron visent à réduire cette désincitation à l’embauche, on peut en citer deux. Il veut simplifier le Code du travail dont la complexité requiert une grande compétence juridique et ouvre la porte à des litigations incessantes et longues, donc coûteuses. Il propose de déplacer les négociations sur les conditions d’emploi et de licenciements au niveau des entreprises, et non au niveau national où les centrales syndicales poursuivent des jeux politiques sur des bases idéologiques.

L’autre problème majeur est le coût du travail. Pour 100 de salaire net (avant impôt), une entreprise dépense environ 180. La différence provient des charges sociales qui alimentent le système d’assurance maladie, les allocations de chômage et les caisses de retraites, trois institutions constamment en déficit. Macron avance un certain nombre de mesures pour réduire ces charges, y compris en réduisant (un peu) les dépenses sociales. Ce à quoi il ne touche pas, c’est le salaire minimum, qui bloque l’embauche de personnes non qualifiées, surtout les jeunes. Audacieux, peut-être, téméraire, sûrement pas.

Amincir le secteur public

La France est sur le podium en matière de dépenses publiques. Mais il faut les financer, d’où une fiscalité lourde, très lourde, qui ampute le pouvoir d’achat et pèse sur les entreprises et l’emploi. En retour, la France ne fait pas mieux en services rendus, d’où l’impression d’un Etat inefficace. Rendre le secteur public plus svelte et plus économe est donc l’autre chantier majeur de Macron. Même si l’objectif annoncé est modeste, ce serait un coup d’arrêt historique à des décennies d’augmentations, en dépit des promesses – non tenues – de certains de ces prédécesseurs. Pour y arriver, il est obligé de réduire le nombre de fonctionnaires, ce qui est impopulaire. Ceci explique que, s’il a indiqué quels impôts il souhaite réduire, et de combien, il est resté vague sur les coupes dans les dépenses.

Toutes ces mesures auraient dû faire partie des objectifs traditionnels de la droite, qui a manqué de courage lorsqu’elle était au pouvoir. Pour compenser cette orientation, Macron envisage de nombreuses mesures «de gauche». On peut citer des augmentations de dépenses sociales axées sur les bas revenus, une modulation des allocations de chômage en fonction de la conjoncture, ou une restructuration des programmes de formation pour les personnes non qualifiées.

Le problème avec les programmes électoraux, c’est que l’on pousse les candidats à entrer dans des centaines – ou plus – de détails. Une fois au pouvoir, tout change et tout ne peut pas être fait. Ce qui compte, cependant, c’est l’orientation – la vision – du candidat. Celle de Macron est claire, apparemment sincère, et correctement adaptée aux maux de la France. C’est une première.


 

Consulter notre dossier dédié à l'élection présidentielle française.

Dossier
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