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Dimanche, le président Macron devra, s’il l’emporte, encore plus démontrer qu’il est un «roi» républicain capable de réconcilier les Français. Et d’incarner un espoir pour tous les démocrates européens.
© Chesnot / Getty Images

Editorial

Emmanuel Macron, le président qui peut devenir «roi»

S’il remporte son pari d’une large victoire aux législatives des 11 et 18 juin, Emmanuel Macron aura en main tous les leviers de la République. Une responsabilité d’autant plus énorme que l’Europe aura, dans les mois à venir, les yeux tournés vers Paris

La parabole monarchique a, cette fois, toutes ses raisons d’être. Dès sa prise de fonction élyséenne, Emmanuel Macron a d’emblée appelé l’Histoire à la rescousse en estimant que «le peuple français n’a pas fondamentalement voulu la mort du roi». Pas question donc, pour ce nouveau chef de l’Etat qui a promis d’être «jupitérien», de jouer les modestes. Sa fonction est, il le sait, la clé de voûte du système et des institutions. Son nom, son âge, sa façon d’être président seront la marque du quinquennat entamé le 14 mai.

Lire aussi: Cette «majorité présidentielle» qui affole les électeurs français

Dans ce contexte, les élections législatives à venir ont une intensité dramatique et politique inédite. S’il remporte son pari fou d’installer aux commandes de l’Assemblée nationale une majorité absolue de députés La République en marche!, le nouveau chef de l’Etat français se retrouvera couronné moins de trois semaines après son élection face à Marine Le Pen. Il disposera alors de presque tous les leviers institutionnels. Avec, en plus, l’argument du renouvellement et de la transgression droite-gauche comme carburant d’une nouvelle génération, et d’une nouvelle façon de gouverner. Le ravalement de la maison France pourra commencer.

Faut-il s’en inquiéter? Non. Les Français, respectueux de la logique institutionnelle de la Ve République et fidèles en cela à l’inspiration gaulliste, auront d’abord fait preuve de cohérence. Une énorme erreur, par contre, serait de minimiser l’importance de ce vote et de ses conséquences. En 1981, le raz de marée socialiste initié par la victoire de François Mitterrand avait changé la France. Un tournant culturel, social, économique majeur avait immédiatement été pris avant d’être nuancé au gré des circonstances et des contraintes par un président de moins en moins socialiste et de plus en plus Européen. L’enjeu, dès le soir du premier tour, sera similaire. Les électeurs, s’ils votent en masse pour les candidats pro-Macron, savent qu’ils lui donneront les moyens d’un virage radical.

Une différence importante, toutefois, distingue ce début de quinquennat de mai 1981. A l’époque, la France n’était pas en proie à une crise profonde, dont les 10,6 millions de voix pour Marine Le Pen ont apporté la preuve le 7 mai. Idem pour l’Union européenne qui, voici 35 ans, demeurait un rêve pour beaucoup au milieu de l’affrontement Etats-Unis - URSS. Rien de tel pour ces législatives. Les Britanniques, qui viennent jeudi de sanctionner dans les urnes leur première ministre conservatrice sans renoncer au Brexit, ont de nouveau illustré la complexité de l’échiquier géopolitique. N’ayons pas peur des mots: jamais couronne présidentielle, aussi brillante soit-elle, n’aura été aussi fragile et chargée d’espoirs comme de chausse-trappes. Dimanche, ce président devra, s’il l’emporte, encore plus démontrer qu’il est un «roi» républicain capable de réconcilier les Français. Et d’incarner un espoir pour tous les démocrates européens.


 

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