Quand Emmanuel Macron est entré à l’Elysée, la politique étrangère ne paraissait pas être l’une de ses préoccupations majeures, en dehors des idées précises qu’il avait formulées sur l’Europe. Mais d’emblée, il a pris possession de ce champ d’action, que la Constitution réserve en France au chef de l’Etat. Quelques semaines après son investiture, il a reçu le président Poutine, pour bâtir avec lui une relation personnelle qui déboucherait dès l’année 2018 sur le projet d’un dialogue de sécurité et de coopération, structuré mais sans complaisance. C’est sûrement un projet à long terme, soumis aux aléas nés du scepticisme ou de la résistance de nombreux partenaires européens.

Le président Macron a aussi noué une amitié de façade avec le président Trump, mais sans illusion: en avril 2018, il détaillait devant le Congrès des Etats-Unis leurs multiples divergences, tout en préservant ses contacts personnels avec l’hôte de la Maison-Blanche. La constance est une qualité de la diplomatie d’Emmanuel Macron: elle sous-tend sa politique européenne. «L’initiative pour l’Europe» qu’il a lancée voilà trois ans a commencé à porter ses fruits: le principal succès en est le plan de relance de 750 milliards d’euros en cours d’adoption. D’importants investissements communs ont été également consentis dans la sécurité européenne, à son instigation. L’an dernier, il a joué un rôle décisif dans le choix de la présidence de la Commission européenne.