Nucléaire

Les employés de Beznau doivent-ils dénoncer leur employeur?

En proposant aux salariés de lui fournir illégalement des informations confidentielles sur la sécurité de la centrale, Greenpeace s’assied sur nos institutions, s’indigne Christian Lüscher. Un procédé qui se justifie vu les cachoteries de l'industrie nucléaire, réplique Isabelle Chevalley

Greenpeace a proposé aux employés de Beznau de lui remettre en toute illégalité des documents qui permettraient de mieux évaluer les risques de la plus ancienne centrale de Suisse. La sécurité de cette dernière est toujours considérée comme insuffisante par les antinucléaires, alors que l’un des deux réacteurs est toujours à l’arrêt depuis la découverte d’anomalies l’an dernier, et que l’autre a été remis en fonction.

La question est d’autant plus sensible que le peuple suisse sera appelé à se prononcer le 27 novembre sur l’initiative «Sortir du nucléaire». Dans ce contexte, la démarche de Greenpeace provoque un vif débat. Axpo, qui exploite Beznau, s’est élevé avec vigueur contre un procédé totalement illégal.

L’organisation écologiste, elle, défend la légitimité du recours à des «lanceurs d’alerte» en raison de l’opacité entretenue, selon elle, par Axpo. Une position que rejoint entièrement la conseillère nationale vert’libérale vaudoise Isabelle Chevalley. A ses yeux, Greenpeace exerce une forme de «légitime défense du peuple suisse» admissible au vu des «cachotteries de l’industrie nucléaire», écrit-elle dans une tribune réalisée pour «Le Temps».

Lire son texte ici: «Greenpeace pousse les employés de Beznau à la délation: légitime défense du peuple suisse»

Pour l’avocat et conseiller national PLR genevois Christian Lüscher, l’action de Greenpeace est au contraire injustifiable. Dans un texte également écrit pour «Le Temps», il accuse l’organisation de «s’asseoir sur les institutions» et s’arroger le droit de ne respecter les lois que lorsque celles-ci sont conformes à ses intérêts. «Quand une association appelle au crime, elle poursuit un but illicite et doit être dissoute», n’hésite-t-il pas à écrire.

Lire son texte ici: «Greenpeace pousse les employés de Beznau à la délation: l’Etat de droit, c’est pour les autres…»


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