Nous faisons partie de la nature. C’est une banalité de l’affirmer. Il est ainsi stupéfiant que nous attribuions à la nature une valeur si inadéquate. Nos systèmes de mesures économiques sont si déconnectés de la nature qu’ils permettent de doper le PNB par l’épuisement de l’écosystème dont nos vies dépendent. Les gouvernements amplifient les dommages à l’environnement en accordant des subventions plus importantes pour l’exploitation de la biosphère (5 milliards de milliards de francs par an au niveau mondial) que pour sa protection (68 milliards de francs par année).

Nous étions conscients de vivre au-dessus des moyens que la nature nous accorde. Mais tant que le voisin prend l’avion pour un week-end à Barcelone, pourquoi me priverais-je de renouveler ma garde-robe? La pandémie nous met brutalement face à la réalité: les pressions humaines sur la nature rendent vulnérables notre économie, nos sociétés et nos vies. Dans ce contexte, la publication la semaine dernière d’une étude indépendante sur l’économie de la biodiversité* tombe à point. Cette étude, dirigée par Sir Partha Dasgupta, professeur à l’Université de Cambridge, constitue un rappel de l’importance de la biodiversité, et un sérieux appel à agir.