Editorial

Engagés mais pas militants

EDITORIAL. A l’occasion des élections fédérales 2019, nous proposons aux candidats de se positionner sur 30 points liés à la transition écologique, réunis dans une charte. La démarche est participative et engagée

C’est une première historique en Suisse. Le Temps s’immisce dans la campagne aux élections fédérales d’une manière inédite. Avec notre charte de la transition écologique, nous poursuivons notre engagement pour l’écologie, un thème qui fait désormais partie des sept causes figurant dans notre charte rédactionnelle.

Le principe? Nous invitons les candidats à se positionner sur 30 questions liées à la transition écologique. Est-ce que cela fait du Temps un nouveau groupe de pression ou un lobby de plus? La crainte est forte dans le monde politique et elle a même traversé notre rédaction. Or, la réponse est limpide: nous sommes engagés, mais nous ne sommes pas militants. Et la différence est de taille.

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Un long processus collaboratif

Cela se traduit par la méthode que nous avons employée pour mettre au point la charte. Elle est inédite, autant que la démarche dans son ensemble. Nous ne sommes pas experts dans le domaine. Nous ne prétendons pas l’être. Nous avons donc mené un long processus collaboratif, qui a démarré en mai et se traduit aujourd’hui dans le catalogue de propositions que nous soumettons aux candidats. Au total, plus de 1000 personnes – experts, citoyens, journalistes – ont contribué à élaborer ce document. Notre légitimité vient de ce processus inclusif qui prend racine dans un des fondements de notre métier: nous faisons dialoguer et se rencontrer des populations souvent coupées les unes des autres. Experts et citoyens. Chercheurs et entrepreneurs. Politiciens de gauche et de droite. Tous ont eu voix au chapitre.

Mais cela se traduit également dans le suivi que nous vous promettons de mettre en place. Nous sommes journalistes avant tout. Notre engagement pour le climat ne va pas prendre le pas sur les grands principes auxquels nous adhérons. Nous n’allons pas caricaturer les positions des uns ou des autres en fonction d’un «agenda caché». Nous rendrons compte de nos doutes et des évolutions de la science – nombreuses dans le domaine – même si elles remettent en cause nos idées d’un jour. Nous rechercherons toujours la vérité et le compte rendu factuel, avec ses subtilités, pour expliquer ou revenir sur les réponses faites par un politicien ou un parti aux 30 points de notre charte.

Durant la législature, nous nous engageons aussi à suivre l’activité des élus. Et les rappeler, si nécessaire, à leurs engagements: certains changements de positionnement s’expliqueront sans doute aisément. D’autres seront peut-être plus difficiles à justifier. Notre travail consiste à mettre cela en lumière. Et cela, depuis toujours.

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