En tant que professeur.e.s d’économie du développement, la question du développement économique des pays pauvres fait partie de notre travail quotidien. Les entreprises privées jouent un rôle important dans ce contexte. Nous nous sommes ainsi intéressés à l’initiative populaire «Entreprises responsables». Nous nous étonnons de plus en plus que le débat mette en cause l’efficacité de cette initiative, qui nous semble pourtant très claire. Nous en avons discuté au sein du réseau suisse d’économistes du développement et il existe, en effet, un consensus très clair sur les effets positifs de l’initiative.

Une concurrence équitable

Le secteur privé est un moteur essentiel du développement et de la réduction de la pauvreté. Mais seulement s’il garantit les droits fondamentaux de l’homme, tels que la protection de la vie et de l’intégrité physique, et n’entraîne pas d’atteintes flagrantes à l’environnement, ce qui réduirait considérablement les opportunités de revenus futurs dans ces pays. En l’absence de règles claires en matière de responsabilité, il y aura toujours quelques entreprises individuelles qui nuiront gravement au développement par leurs activités. Surtout si leur position de pouvoir dans le pays concerné est forte, tandis que le gouvernement est faible.