OPINION

Eoliennes géantes, un mitage programmé du territoire

OPINION. Les parcs éoliens ne cessent de grignoter du terrain en Suisse, alerte Michel Fior, secrétaire général de Paysage Libre Suisse. L’opposant demande une meilleure coordination entre les cantons

Dans l’Arc jurassien francophone, environ 240 nouvelles éoliennes sont prévues ces prochaines années, si on se réfère aux planifications cantonales. En tenant compte de celles déjà en service au Mont-Crosin, au Peuchapatte et à Saint-Brais, elles porteraient à 260 le nombre total des machines, réparties dans 25 parcs éoliens. Il suffit de jeter un œil à la carte des projets éoliens de Suisse pour comprendre sans peine que l’Arc jurassien serait victime d’un mitage à large échelle: de Bâle à la vallée de Joux, les projets de parcs se succèdent l’un après l’autre.

Sachant que les machines prévues dépassent les 200 mètres de haut et qu’elles génèrent un impact paysager à des kilomètres, un constat s’impose: l’Arc jurassien changerait d’affectation. D’espace naturel et paysager épargné par l’urbanisation rampante, avec une industrie qui se love discrètement au fond des vallées, il serait transformé en une zone dévolue à la production électrique avec 260 turbines érigées sur des crêtes jusqu’à présent préservées. L’ampleur de l’impact paysager est énorme, sans parler des problèmes pour la santé humaine et la biodiversité.