C’est une terre française proche de la Suisse. Pour raconter le destin d’une famille de paysans au sein de laquelle l’appât du gain, la volonté d’ascension sociale et la pression mercantile ont fini par semer la colère entre les générations, Eric Fottorino a planté le décor de Mohican (Ed. Gallimard) dans le Jura, loin de cette Méditerranée qui l’a vu grandir et qu’il affectionne. Les Danthôme exploitent la ferme des «Soulaillans» depuis des lustres. Brun, le père, a transformé, à force d’engrais, de pesticides et de mécanisation, cette terre rude en rente foncière. Mo, le fils, rêve d’une agriculture en rupture, réinventée sans apport chimique ni technologique. L’histoire est tracée et l’ancien directeur du Monde, aujourd’hui à la tête de l’hebdomadaire Le 1 et du trimestriel Zadig, en brosse les contours dès les premières pages avec ce portrait de Brun: «Depuis toujours, ses bidons de chimie servaient à éliminer les parasites. Le parasite, à présent, c’était lui.»