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Eric Stauffer marche sur Genève

Plus déterminé que jamais, le fondateur du MCG repart à l’assaut de la politique avec un nouveau parti baptisé «Genève en marche». Coup de force ou coup de bluff?

Depuis lundi, le microcosme politique genevois compte un nouveau venu. «Genève en marche», la nouvelle formation d’Eric Stauffer, a tout du MCG, version originale de 2005. Elle en reprend le slogan, «une économie forte pour un social efficace», les fondamentaux, «les citoyens du bout du lac d’abord», et même le graphisme lapidaire en jaune et rouge. Alors que les autres partis sont en ordre de bataille en vue des élections de ce printemps, le tribun du MCG se profile lui aussi en futur candidat au Conseil d’Etat.

Surnommé «Gominator» dans le sérail genevois, Eric Stauffer a longtemps laissé planer le doute sur son avenir politique. En retrait depuis quelques mois après avoir claqué la porte du MCG, il a finalement choisi un nouvel acronyme à trois lettres, GEM, prononcé «j’aime», pour rebondir. Il l’a annoncé dans l’émission Des Hauts et Débats, sur les ondes de Radio Lac. Ni de gauche ni de droite, GEM défend entre autres la préférence cantonale et la formation des jeunes. Rien à voir, bien sûr, avec le mouvement du président français, Emmanuel Macron, dont la proximité nominative est purement fortuite. «Le comble pour un parti anti-frontaliers…» souligne un internaute qui ne croit pas au hasard.

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Pourquoi ce retour? «En toute modestie, je n’ai plus rien à prouver à la politique genevoise, justifie l’intéressé au Temps. Mais mon seul lobby, le peuple, me réclamait.» En bon tribun populiste, Eric Stauffer a souvent soumis ses choix au vote des internautes sur Facebook. «Depuis que j’ai quitté le MCG, il ne se passe plus rien, poursuit-il. Le parti a pris un virage à gauche et fait preuve d’une faiblesse coupable.» Un petit air de revanche? «Absolument pas! Je mène mon action par conviction, pas par intérêt.»

Déçus et mécontents bienvenus

Qui soutient ce MCG bis? Son fidèle comparse, le député Carlos Medeiros, ou encore l’indépendant Jean Sanchez. D’autres élus se sont aussi manifestés, assure Eric Stauffer. Pour le reste, il accueillera les déçus et autres mécontents d’un MCG déviant, qu’il exemptera de cotisations pour l’occasion. Un partisan clame à qui veut l’entendre sur Facebook: «Vous l’avez certainement deviné. J’en suis!» 

«Isoler le MCG»

Les électeurs seront-ils au rendez-vous? «Grâce au phénomène de vases communicants entre le MCG et GEM, je suis confiant», répond le ténor. Pour atteindre le parlement, voire le Conseil d’Etat, Eric Stauffer compte sur l’UDC, celle-là même qui avait refusé de l’accueillir dans ses rangs au début de l’année. Il ne s’agit pas d’une alliance mais d’un «apparentement», précise-t-il. L’enjeu? «Isoler le MCG.»

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Sur les réseaux sociaux, les internautes s’épanchent en commentaires. «Il sort par la porte pour rentrer par la fenêtre», ricane-t-on ici à propos de celui qui, «comme Terminator», n’est jamais tout à fait mort. «Enfin une bonne nouvelle pour Genève», «fidèle à lui-même et c’est bien le seul», salue-t-on au contraire là. «D’une «faillite à l’autre» pour celui qui annonçait son départ en 2018?» tance quant à lui l’avocat Yves-Michel Baechler. «Quel positionnement sur l’échiquier politique, sachant que M. Stauffer a été un libéral? questionne un usager sur Facebook. L’UDC, et les autres partis doivent rirent sous cape.»

A l’UDC, justement, on rit jaune à l’idée d’accueillir un turbulent petit frère. «Eric Stauffer manifeste une certaine logique avec son dernier-né «Genève en marche», copier-coller du MCG. Les marcheurs ne reviennent-ils pas toujours à leur point de départ?» ironise le secrétaire général de l’UDC genevoise, Eric Bertinat.

Un trublion assagi?

Mardi, le tout premier communiqué du GEM à propos du budget cantonal déficitaire pour 2018, évoquait une situation «inacceptable mais inéluctable». Eric Stauffer l’affirme, il n’est plus dans la dénonciation systématique: «Je vais prouver que je ne suis pas seulement un trublion, mais que mes nombreuses relations peuvent jouer en faveur de Genève. Ensemble nous réussirons là où les autres ont échoué!» Ce second parti serait-il, pour son fondateur, celui de l’âge de raison?

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