Du bout du lac

Eric Trump

«Make Geneva Great Again», ça aurait eu de la gueule sur une casquette rouge et jaune

A l’heure où j’écris ces lignes, Eric Stauffer a quitté le MCG et choisi de siéger une dernière fois au Grand conseil sans étiquette, le temps de remettre son mandat de député et de disparaître pour de bon. L’information est tombée mercredi matin. A l’échelle staufferienne, c’est une éternité.

A l’heure où vous lisez ces lignes, l’ex-futur-ex-futur-ex président du Mouvement a peut-être annoncé son 117e retour triomphal ou, beaucoup mieux, son intention d’aller taquiner Donald Trump outre-Atlantique avant la Convention républicaine (on le voit mal chez les démocrates). Après tout, il lui faut un nouveau défi à sa mesure.

Impossible, me direz-vous: Eric Stauffer n’est pas américain. Mais qu’en savez-vous? Eric Stauffer est napolitain et onésien, presque mauricien, il fut agent secret, libéral, UDC, MCG, marchand de poissons-clowns et téléphoniste. S’il décide d’être américain, Eric Stauffer sera américain, un point c’est tout. La réalité, les règles, les contingences, il les laisse aux médiocres. Comme le Donald.

Tremble donc, petit rouquin! Eric arrive, cela ne fait plus aucun doute. L’occasion est trop belle et les arguments ne manquent pas: quitter Genève et tous les imbéciles qui n’ont pas su voir en lui l’homme providentiel, s’offrir une couverture médiatique planétaire et, au soir du 8 novembre, guérir sa virilité blessée par Ana Roch en terrassant la méta-femme dans les urnes. Avec, au bout du chemin, le seul poste qui puisse lui seoir, celui de maître du monde.

Face à Gominator, le New-yorkais a du souci à se faire. Il ne peut pas l’ignorer: Ted Cruz n’était qu’un amuse-gueule, Eric Stauffer, c’est un autre calibre et plusieurs coups d’avance. La toute-puissance symbolique de la Trump Tower? Un aimable pavillon dans l’ombre de la Tour Stauffer (qui n’est jamais sortie de terre à Onex mais, encore une fois, la réalité, c’est pour les médiocres). Le mur-frontière, aux frais des Mexicains? Hahaha, essaie toujours, Donald. Eric, lui, a déjà su faire payer aux voisins français leurs satanés parkings-relais!

Une fois Donald vaincu et Hillary coiffée au poteau, les infâmes comploteurs du MCG moribond prendront sans doute la mesure de leur erreur funeste. Tant pis pour eux. Mais c’est dommage: Make Geneva Great Again, ça aurait eu de la gueule sur une casquette rouge et jaune. Parole d’Eric Trump.

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