Hexagone Express

Eric Zemmour, autopsie d’un «venin» français

Le polémiste du «Figaro», très en vue aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen lors de la convention de la droite du 28 septembre, fait l’objet d’un livre qui dissèque sans merci ses méthodes et son succès. Au risque de passer à côté de l’essentiel: l’angoisse réelle d’une certaine France

L’actualité oblige parfois les chroniqueurs à modifier leurs plans. L’idée de départ n’était donc pas de parler d’Eric Zemmour et du livre que l’historien Gérard Noiriel vient de lui consacrer: Le Venin dans la plume (La Découverte). Nous avions eu, avec L’Ennemi (Ed Grasset) – le livre de souvenirs que Georges Buisson a consacré à son père Patrick, ex-conseiller de l’ombre redouté (et redoutable) de Nicolas Sarkozy –, notre part d’intrigues et de conspirations dans l’univers de l’ultra-droite française. Puis l’incroyable tuerie de la préfecture de police de Paris, commise le 3 octobre par un informaticien de la direction du renseignement converti à l’islam et radicalisé, est intervenue. Un fanatique qui poignarde à mort quatre de ses collègues dans le sanctuaire sécuritaire de la capitale française. De quoi nourrir la thèse d’Eric Zemmour selon laquelle «l’islam est une religion totalitaire qui prend en charge les individus»…

Commençons par le début. Nous avons, dans Le Temps, donné la parole au polémiste en octobre 2018, la veille de sa venue à Genève. «Je redoute la disparition de la France», nous avait-il expliqué, estimant que la France «est assiégée et doit être défendue». Rappelons aussi qu’Eric Zemmour a été définitivement condamné, en septembre, à 3000 euros d’amende pour «provocation à la haine religieuse» après des propos anti-musulmans tenus en 2016.