Il ne se passe pas un jour sans plainte devant la «cacophonie» ou le «cantonalisme» des mesures face à la crise du coronavirus. Le fédéralisme n’est pourtant pas la cause de la gestion erratique de la crise. Cette crise révèle deux problèmes classiques du fédéralisme. Tout d’abord, la répartition des compétences et des responsabilités entre la Confédération et les cantons est diffusée dans la «situation particulière» et reste vague. Une répartition claire des tâches serait nécessaire: les tâches gérées de manière centralisée devraient inclure les domaines dans lesquels la dimension géographique et régionale ne joue pas un rôle significatif, mais aussi dans lesquels les économies d’échelle sont importantes et la coordination essentielle. La collecte et le traitement des données, le traçage des contacts, l’achat de vaccins, garantir la survie de secteurs entiers de l’économie et assurer les revenus des ménages en sont des exemples. Les tâches décentralisées sont celles où, au contraire, la composante géographique est importante. Il peut s’agir de mesures telles que la fermeture d’écoles, de bars, de clubs ou de restaurants.

L’irresponsabilité institutionnalisée

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Lorsque la situation de départ des cantons est structurellement différente, les mesures uniformes arriveront trop tôt pour certains et trop tard pour d’autres. Une réponse décentralisée présente également l’avantage que les cantons peuvent apprendre les uns des autres à distinguer les mesures inefficaces des mesures efficaces et ainsi aborder de manière pragmatique l’endiguement d’une pandémie. Bien sûr, il y a des externalités et des effets de substitution entre les cantons, par exemple lorsque des fêtards viennent faire la fête dans les bars de Lausanne depuis d’autres cantons. Mais ce sont précisément ces répercussions que les décideurs cantonaux prendraient en compte s’ils sont responsabilisés par une claire répartition des tâches et responsabilités. Cela ne nécessite ni décision centrale ni coordination complexe entre cantons.