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Devant le consulat de Russie, à Seattle, ce lundi, fermé parce que jugé trop proche des usines Boeing.
© Lindsey Wasson/Reuters

Revue de presse

Les espions sont parmi nous: les diplomates russes, ces parias

Depuis le début de la semaine, Washington mène le bal des expulsions à tour de bras des fonctionnaires du Kremlin en poste dans les pays occidentaux. En riposte à l’affaire Skripal, qui ravive les pratiques désolantes de la Guerre froide

Donald Trump a autorisé ce lundi la plus importante expulsion de diplomates russes en poste aux Etats-Unis, soit 60 personnes qualifiées d’«espions». Il a aussi fait fermer le consulat de Seattle, jugé trop proche des usines de l’avionneur Boeing. A première vue, on a donc affaire à un virage à 180 degrés, qui sonne comme des représailles après l’empoisonnement de l’ex-agent russe au Royaume-Uni Sergueï Skripal et de sa fille. Un virage? Oui, si l’on considère que la Maison-Blanche a tout de même tenté, depuis plus d’une année, de se rapprocher du Kremlin, malgré les accusations de collusion entre l’équipe de campagne de Trump et Moscou afin de favoriser l’élection du républicain.


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D’ailleurs, selon le Washington Post, le président américain a ignoré les mises en garde de ses conseillers, notamment une note lui indiquant explicitement, en lettres capitales, qu’il ne fallait «PAS FÉLICITER» Vladimir Poutine pour son élection. Peu importe, finalement, puisque quelques jours après, on assiste à cette «plus importante expulsion» de diplomates russes de l’Histoire, dans le cadre de représailles coordonnées du camp occidental. «La volonté des pays européens, du Canada et des Etats-Unis de se ranger derrière Londres ne manquera pas de conforter la Russie dans son rôle de contre-pouvoir à l’atlantisme», indique Libération. Même si, pour l’heure, le Kremlin a d’autres chats à fouetter après les graves négligences et les violations des normes de sécurité qui ont causé l’incendie de ce week-end dans un centre commercial en Sibérie, faisant au moins 64 morts dont neuf enfants, comme le montrent encore les gros titres de la presse russe.

Voilà qui rappelle les heures sombres de la Guerre froide, après que l’Australie s’est jointe mardi au mouvement, en annonçant l’expulsion de deux diplomates, portant à au moins 116 le nombre total de fonctionnaires du Kremlin qui doivent être expulsés de 23 pays, dont 16 de l’Union européenne. «La Russie a aussitôt réagi», indique Le Monde, car «le geste provocateur de prétendue solidarité avec Londres de ces pays […] témoigne de la poursuite d’une ligne de confrontation visant à aggraver la situation. Nous allons forcément y répondre.» Car tout cela est «d’une dureté sans précédent», juge Kommersant.

Mais il s’agit bien d’une manifestation de «solidarité». C’est la plus marquée avec Londres depuis des années et surtout depuis la décision du Royaume-Uni d’opérer son Brexit. Ce, malgré les réticences persistantes de Donald Trump à critiquer frontalement son homologue russe. Déplorant un «grave coup à la fois quantitatif et qualitatif» à la présence russe aux Etats-Unis, l’ambassadeur de Moscou, Anatoli Antonov, a estimé de son côté sur le site d’information russe Sputnik que Washington avait «réduit à néant le peu qu’il restait encore des relations russo-américaines». Les commentaires d’internautes sur le site de Russia Today sont à cet égard éloquents, sur ces Européens qui se montrent maintenant «déférents» – les termes utilisés dans la réalité sont plus grossiers – vis-à-vis de Washington.

«Infiltrations et sabotages» en Ukraine

«Les Etats-Unis sont prêts à coopérer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut se produire que si le gouvernement russe change d’attitude», ajoute la Maison-Blanche. Très offensive, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, affirme quant à elle qu’à New York, «la Russie utilise les Nations unies comme un refuge pour des activités dangereuses à l’intérieur de nos propres frontières». Mais «pour l’Ukraine, qui mène une guerre à peine voilée contre Moscou, cela n’a rien de nouveau», relève Courrier international: «Le pays fait depuis des années l’objet d’opérations complexes d’infiltration et de sabotage», comme l’a montré «une enquête aux airs de roman policier» du quotidien en ligne Oukraïnska Pravda (Pravda.com.ua).

Le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, a pour sa part estimé que l’attaque de Salisbury participait d’un «schéma de comportement dangereux et délibéré de l’Etat russe qui constitue une menace croissante pour la sécurité internationale», alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, a prévenu que «de nouvelles expulsions» n’étaient «pas exclues» après cette opération «concertée». «Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, une arme chimique a été employée en Europe», a enfin souligné le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, pour qui «la Russie ne contribue toujours pas à éclaircir la tentative d’empoisonnement qui a eu lieu à Salisbury», indique la Süddeutsche Zeitung, à Munich:

Bref, en menant le bal des expulsions, «les Etats-Unis ont frappé fort», selon Courrier international, qui relaie le New York Times. Et pour couronner le tout, l’Islande a de son côté annoncé, tout comme Londres, un boycott diplomatique de la Coupe du monde de football en Russie en juin-juillet.

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