Nouvelles frontières

Ces espions russes qui aiment la Suisse

OPINION. Des dizaines d’agents des renseignements russes opérant dans toute l’Europe ont été identifiés en partie grâce aux services suisses. Une page qui se tourne, comme le dit Berne? se demande notre chroniqueur Frédéric Koller

Une traque lancée au printemps 2018 par les services de contre-espionnage britannique, français, suisse et leur partenaire américain a permis de dresser une liste de quinze officiers du renseignement militaire russe (GRU) opérant dans toute l’Europe, nous apprenait Le Monde cette semaine. Ces quinze hommes avaient fait de la Haute-Savoie un «camp de base» en séjournant, pour certains d’entre eux, régulièrement dans des villes comme Annemasse, Evian ou Chamonix.

On ne parle pas de simple espion, mais de l’unité 29155 du 161e centre de formation spéciale du GRU. Ce sont de vrais tueurs, spécialistes des opérations clandestines, du sabotage et, donc, des assassinats. C’est d’ailleurs leur opération – ratée – pour éliminer l’ex-espion russe Sergueï Skripal, sur sol britannique, avec une arme chimique, qui a déclenché cette vaste enquête. Ce fut le choc qui réveilla le contre-espionnage européen.