Ce matin-là, le 1er février, je m’étais réveillée sous le choc, comme des millions de personnes au Myanmar, en apprenant que l’armée avait déclaré un état d’urgence et s’était emparée du pouvoir, se substituant aux dirigeants civils du pays. Alors que nous avancions dans les rues sinistrement calmes de Rangoun, le chauffeur de taxi me posa une question qui allait devenir un défi majeur, pour moi et beaucoup d’autres, dans les jours qui allaient suivre: «La communauté internationale va-t-elle nous venir en aide?» Alors que la répression violente contre les manifestants continue de briser des vies, alors que des professionnels de santé et bien d’autres sont menacés, alors que des rêves et des aspirations partent en fumée, cette question devient terriblement urgente.

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