Digitale attitude

Vous êtes malade? Vérifiez sur Internet (avec circonspection)

Google vient de lancer un «vérificateur de symptômes» aux Etats-Unis, qui peut éviter à l’internaute moyen de virer hypocondriaque

Un pour cent des recherches effectuées sur Google concerne un problème de santé. Des résultats souvent terrifiants, qui transforment l’être humain le plus rationnel en un véritable hypocondriaque. Pour parer au problème, le moteur de recherche a annoncé une nouvelle fonctionnalité, un vérificateur de symptômes – disponible pour le moment sur les téléphones mobiles aux Etats-Unis – qui rationalise les résultats des requêtes médicales.

Reconnaître les signes alarmants

«Lors d’une recherche pour «maux de tête», par exemple, une liste de conditions connexes (comme migraine, sinusite ou rhume) est présentée sous forme de fiches, ainsi que les options de traitements possibles sans ordonnance», écrit la cheffe produit Veronica Pinchin. L’objectif étant d’aider les usagers à comprendre les conditions de santé liées à leurs problèmes et de les informer sur les signes véritablement alarmants qui nécessitent la consultation d’un professionnel.

Ce nouvel outil, baptisé Symptom Search, réunit et hiérarchise les informations d’experts émanant de l’Ecole de médecine de Harvard et de la Clinique Mayo. En les proposant au sein de sa propre application, Google compte ainsi garder ses visiteurs sur sa plateforme. Une démarche qui risque de faire baisser drastiquement les consultations sur le site WebMD, première source d’infos médicales des Américains.

Sur le cancer du pancréas

Toujours dans le domaine de la santé et de l’analyse des données, des scientifiques – chez Microsoft – ont démontré qu’en analysant des requêtes sur le Web, ils pouvaient, dans certains cas, être en mesure d’identifier les gens qui étaient atteints d’un cancer du pancréas avant même qu’ils n’aient été reconnus comme tels par un médecin. Le diagnostic se base sur l’historique de leurs recherches lors des mois précédents. Leur étude a été publiée en juin dans le Journal of Oncology Practice.

La détection précoce basée sur l’analyse des recherches sur Internet est pourtant à prendre avec circonspection. Google avait déjà tenté de prédire l’évolution d’épidémies en s’appuyant sur les recherches de symptômes et la localisation des maladies. Mais les résultats étaient loin de la réalité. Google Flu Trends a par exemple sous-estimé l’épidémie de grippe aviaire en 2009 en Asie et, a contrario, largement surestimé la grippe saisonnière 2012-2013 aux Etats-Unis.

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