Jusqu'alors, les décharges ne constituaient une ressource que pour des populations déshéritées fouillant les immondices dans l'espoir d'y dénicher quelque objet à revendre. Mais voilà qu'opérateurs et chercheurs se posent la question: et si les décharges constituaient une source insoupçonnée d'énergie et de matières premières? Une question qui a été au centre de la première conférence internationale consacrée au landfill mining (exploitation des décharges), organisée à Londres. [...]

Les décharges, notamment les plus anciennes, contiennent des métaux et des plastiques qui pourraient être recyclés, ainsi que les matières (papiers, bois, plastiques) permettant de confectionner des combustibles de substitution. Un point qui suscite un vif intérêt de l'industrie du ciment, très énergivore et à la recherche de combustibles bon marché.

Le gisement est considérable. Selon les participants à la conférence de Londres, 3,2 milliards de tonnes de matériaux recyclables auront été enfouis en décharge entre 1975 et 2015, rien qu'au Royaume-Uni. Les décharges américaines contiendraient à elles seules 400 millions de tonnes d'acier. «La concentration d'aluminium est plus forte dans certaines décharges américaines que dans la bauxite elle-même», assure Mark Johnson, du fonds de soutien britannique Biffaward.

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.