Revue de presse

Euro 2016: Griezmann contre Ronaldo, vivement dimanche!

Au lendemain de «la main de Schweinsteiger» et des «pieds de Griezmann», les médias français coqueriquent; les Portugais prient, mais partent vaillants au combat contre la «besta negra»; et les Allemands, eux, ont un sentiment d’injustice. Rendez-vous le 10 juillet pour l’ultime frisson

La France a un nouveau super-héros: Antoine Griezmann, qui porte les espoirs de tout un pays pour la finale de l’Euro contre le Portugal et sa superstar Cristiano Ronaldo, dimanche au Stade de France, après avoir battu l’Allemagne 2-0, dont un but sur penalty suite à une main de Bastian Schweinsteiger. «Zinédine Griezmann», l’ont déjà rebaptisé les réseaux sociaux, alors que la France renoue avec les bons souvenirs, quand le visage de Zidane était projeté sur l’Arc de triomphe, à Paris, un soir de juillet 1998 pour célébrer la France championne du monde.

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«Ils en ont rêvé pendant si longtemps que l’exploit est désormais à leur portée, difficile de réaliser, se réjouit ainsi L’Equipe. Dans une chaleur étouffante et un Vélodrome incandescent, les Bleus se sont qualifiés pour la finale de l’Euro, leur Euro. […] En attendant, les joueurs de Didier Deschamps ont déjà accompli un exploit gigantesque. De ceux qui marquent une époque. […] Antoine Griezmann a encore joué son rôle de patron à merveille, […] pour signer un doublé qui fait de lui plus que jamais le meilleur buteur du tournoi, avec six réalisations. Bientôt le digne héritier de Michel Platini? Il aura fallu attendre 58 ans pour voir les Bleus terrasser enfin la grande Allemagne en compétition officielle. Après trois échecs au Mondial en 1982, 1986 et 2014, l’équipe de France a enfin pris sa revanche. Elle n’avait plus battu son rival depuis le Mondial 1958.»

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«La France est entrée dans une autre dimension»

«En signant une performance retentissante […], l’équipe de France est entrée dans une autre dimension», renchérit Eurosport. Un match de référence que celui de cette «génération emmenée par Antoine Griezmann, héros du peuple tricolore. […] C’est une évidence. Ce que la bande à Didier Deschamps a réussi jeudi soir à Marseille ne doit rien au hasard. Ou à la chance, comme on l’a entendu ici et là ces dernières semaines. Ce parcours, DD et ses hommes en ont hérité. Ils ne l’ont pas choisi. Et battre l’Allemagne, ce n’est jamais un hasard.»

Il leur aura donc «fallu deux ans pour apprendre et ressasser les erreurs de Rio. On ne la leur a pas fait deux fois. A Didier Deschamps, on ne la lui fait jamais deux fois. […] Cette finale, elle n’est pas méritée. Elle n’est qu’une conséquence logique d’une aventure folle et d’une équipe qui a grandi sous nos yeux. Et plus vite qu’on ne pourrait en rêver. Ces Bleus sont formidables. Rendez-vous dimanche pour l’ultime frisson.»

La «bête noire» du Portugal

Au Portugal, le Diário de notícias craint ce «dernier obstacle à franchir» qu’est l'«historique bête noire de l’équipe nationale»: la «besta negra». «Les Portugais vont essayer de se venger de 1984, de 2000 et de 2006», ces «souvenirs traumatisants». Pour «détruire les rêves du pays hôte», l’équipe lusitanienne «devra les surmonter». Le Jornal de notícias, lui, compte beaucoup sur Cristiano Ronaldo, qui «n’est plus un novice»: il aimerait que «le garçon de Madère commence à écrire l’histoire».

«Nous n’avons peur de personne, […] ce qui nous conduira à la victoire», a déclaré de son côté le coach portugais, Fernando Santos, avant même «de savoir que le Portugal ferait face à la France», écrit pour sa part le Correio da Manhã. «Notre objectif, dès le premier jour, était d’atteindre la finale», en méprisant le fait que «la Seleção n’ait jamais remporté de tournoi international». Et d’ajouter: «Nous étions les plus grands navigateurs du monde. Nous avons découvert je ne sais combien de pays. Pourquoi devrions-nous avoir peur de quoi que ce soit?»

Les «hôtes polis»

Enfin, dans le journal sportif allemand Kicker, le coach de la Mannschaft, Joachim Löw, pense que ses hommes ont «mieux joué que leurs adversaires, […] qui étaient anxieux». «Nous avons dominé», dit-il, mais «la chance n’était pas de notre côté», «c’est très amer», juge aussi le gardien Manuel Neuer: «Ce n’est pas un résultat équitable.» Et Die Zeit ironise sur ces «hôtes polis de la France» qui «encaissent deux buts stupides»: «Griezmann dit merci.»

La France a battu les champions du monde. «Boum», résume donc 20 minutes. «En une soirée, la France est passée de promise-à-une-sortie-contre-les-grands-allemands-qu’ils-sont-beaux, à quasi championne d’Europe. […] La donne a sérieusement changé. Et du coup, le Portugal paraît (largement) à portée du pied de sa sainteté Antoine Griezmann.» La preuve? Joachim Löw, encore lui, «l’a assuré jeudi soir, tout frais éliminé qu’il était: «Je pense que la France l’emportera face au Portugal, qui n’a pas montré grand-chose jusqu’à présent.» Il «n’a gagné qu’un seul match dans le temps réglementaire dans cette compétition, la demi-finale face au pays de Galles…».

Finale à Wimbledon. Finale à Paris. Que ce dimanche sera beau.

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