Durant ce mois de mai, nos voisins de l’Union européenne se rendront aux urnes pour le plus grand scrutin du continent: les élections européennes. Les citoyens de 28 Etats – les Britanniques rempileront faute de solution apportée au Brexit par leur gouvernement d’ici au 22 mai – vont élire 751 députés à la proportionnelle pour former leur nouveau parlement. «Leur» parlement? Oui, avec ses compétences législatives et en toute transparence. C’est la principale légitimité démocratique de l’UE. Le premier parti européen fournira le président de la Commission, les autres postes clés du système se répartissant en fonction du poids des forces politiques transnationales et de la logique des quotients démographiques par Etat, chaque pays ayant par ailleurs droit à un poste de «ministre» (commissaire).

Les vainqueurs du 26 mai

Les élections européennes, tous les cinq ans, devraient être l’apogée de la vie politique continentale. Elles restent, quarante ans après leur introduction au suffrage universel, des élections de second rang dans la vie des populations, prisonnières de strictes logiques nationales. Elles sont boudées au mieux, instrumentalisées au pire pour en faire des plébiscites pour ou contre les pouvoirs nationaux comme ce devrait être une nouvelle fois le cas en France cette année.