«Jean-Marie Le Pen est à nouveau dans la tourmente et cette fois ce n’est pas parce que sa famille et son propre parti lui tournent le dos», écrit le site belge 7 sur 7. Non, souvenez-vous. Lors des révélations sur l’affaire Cahuzac, l’ex-ministre socialiste accusé d’avoir dissimulé de l’argent en Suisse, «les hauts responsables du FN n’avaient pas eu de mots assez durs pour dénoncer le «mensonge» et «l’immoralité» du système»:

Car «on le sait, Jean-Marie Le Pen est un «patriote», écrit Metronews. L’est-il autant quand il s’agit de sa propre fortune? Ou son «patriotisme» est-il «à géométrie variable»?

Selon les informations obtenues par Mediapart, celui qui est encore président d’honneur du Front national (FN) aurait donc été le bénéficiaire économique d’un «trust» géré en Suisse par son majordome, trésorier de son association de financement Cotelec: 2,2 millions d’euros, dont 1,7 million sous forme de lingots et de pièces d’or, auraient ainsi été déposés au nom de ce trust à la HSBC – au passage, c’est aussi «un nouveau pavé dans la mare» pour cette banque liée à l’affaire SwissLeaks, remarque Le Télégramme de Morlaix – puis à la Compagnie bancaire helvétique (CBH) aux Bahamas:

«Au cas où certains en doutaient encore», le Front national apparaît donc «en bonne voie de prouver l’exactitude de l’expression de Jacques Chirac: les merdes volent en escadrille», lit-on sur le Lab politique d’Europe 1. Car ce dossier, oui, s’ajoute bien «au bouquet d’affaires financières qui menace actuellement le FN». Et du coup, invitée ce mardi de France Info, la députée UMP des Yvelines Valérie Pécresse a déclaré:

Ces affaires? Il y a «l’enquête du parquet de Paris sur une escroquerie présumée au préjudice de l’Etat, rappelle Libération, qui impliquerait le microparti Jeanne – une structure dirigée par des proches de Marine Le Pen; six personnes ont déjà été mises en examen dans ce dossier, dont le trésorier de l’organisation. Une autre enquête concerne certains assistants parlementaires européens du FN, soupçonnés d’avoir été payés à temps plein par Strasbourg alors qu’ils se consacreraient avant tout aux activités nationales du parti.»

On en passe et des meilleures, mais on a là «une bien mauvaise série pour le parti, régulier contempteur de la corruption des élites, et qui prétend quant à lui avancer «mains propres et tête haute». Ces péripéties s’ajoutent à de fortes turbulences internes, suite aux récents propos de Jean-Marie Le Pen au journal Rivarol. Le président d’honneur du FN sera bien présent vendredi 1er mai lors du traditionnel défilé d’hommage à Jeanne d’Arc, mais il n’y prendra pas la parole. Il doit ensuite comparaître, le 4 mai, devant le bureau exécutif du parti, qui pourrait décider de le sanctionner.»

Marine Le Pen «très surprise»

Du coup, sautant sur ce nouveau scandale potentiel après les déclarations de Le Pen père sur les chambres à gaz et le maréchal Pétain, le vice-président du FN, Florian Philippot, trouve tout cela «étrange» et a affirmé sur i-télé que c’était au président d’honneur du FN de donner des «éclairages», relate Le Figaro. «Je crois qu’il s’en expliquera, c’est une affaire personnelle qui le concerne. J’ai eu Marine Le Pen au téléphone qui est très surprise et qui n’en connaissait rien non plus», a-t-il déclaré. «Je ne peux pas croire que cela soit vrai», précise-t-il tout de même.

Pour le moment, en tout cas, personne ne dit que ça ne l’est pas. Et contrairement à la presse suisse qui use prudemment du conditionnel, les médias français, eux, conjuguent l’affaire à l’indicatif.

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