Opinion

Expérimentation animale: le monde académique n’est pas unanime

OPINION. François Jaquet et Angela Martin, tous deux docteurs en philosophie, critiquent l’apparente unanimité du monde académique sur la nécessité de l’expérimentation animale. D’un point de vue éthique, le débat ne fait que commencer

Les Genevois se prononceront le 24 novembre sur l’initiative populaire 164, intitulée «Pour un meilleur contrôle de l’expérimentation animale». Alors que le principe dit «des 3R», largement accepté par les expérimentateurs eux-mêmes, recommande la réduction du nombre d’animaux utilisés, ce dernier fluctue à Genève – bien qu’on constate une diminution légère depuis 2016, il a augmenté depuis 2014. Les animaux endurent parfois d’importantes souffrances et sont souvent tués à l’issue des expériences.

Sans surprise, on a alors assisté à une levée de boucliers du monde de la recherche. Les expériences étant pour la plupart effectuées à l’Université de Genève, le recteur de cette dernière a logiquement appelé en son nom au rejet de l’initiative dans les urnes. L’expérimentation animale est un dernier recours, mais elle demeure nécessaire au progrès de la connaissance, expliquait-il le 28 octobre, entre autres dans un article du Temps au titre évocateur: «A Genève, le monde académique défend l’expérimentation animale.»