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«Quand on met un terme au contrat conclu pour la vie, il reste généralement deux personnes.»
© GDJ/Pixabay.com

Conférence de conciliation

Expliquer l’égalité à défaut de la vivre

OPINION. Les sociétés cotées en bourse devront se justifier si elles ne font pas assez bien en matière d’égalité hommes-femmes. On a vu plus contraignant, selon notre chroniqueur

Le parlement fédéral a adopté une révision du Code des obligations qui prévoit une contrainte pour les sociétés cotées en bourse de se positionner sur la présence des femmes dans ses conseils lorsqu’elles sont fortement sous-représentées. Un coup de pouce peu bureaucratique qui pourrait faire avancer les choses dans le bon sens.

Lire aussi: Les «quotas» féminins sauvés de justesse

J’ai accepté les «quotas». Ceux qui se sont joués à une voix près. Ceux qui ne sont pas vraiment des quotas. Les sociétés cotées en bourse devront s’expliquer si elles ne font pas assez bien en matière d’égalité. Dans leur rapport de rémunération. Ces boîtes qui pondent des rapports annuels gros comme un bottin de téléphone zurichois y ajouteront quelques lignes sur l’égalité. On a vu plus contraignant.

L’égalité n’est pas qu’une marotte de la gauche. J’aurais pu être sensibilisé à ce problème dans mon activité politique. Dans une société où, près de cinquante ans après l’introduction du suffrage féminin, les femmes occupent difficilement un quart des sièges. Et où elles sont les seules à se farcir les questions sur l’éducation des enfants et les tâches ménagères lorsqu’elles se présentent au Conseil fédéral.

Qui finit par «raquer»?

Mais c’est plutôt dans ma petite étude d’avocat que j’ai pris conscience de l’ampleur du problème. Le divorce est le pain quotidien des avocats. En tout cas de ceux qui démarrent. Et c’est dans ces affaires-là que l’on met le nez dans les petites histoires des familles. Que l’on demande qui s’occupe des mômes. Qui renonce à sa carrière. Qui encaisse. Et, à la fin, au moment du divorce, qui finit par «raquer».

L’égalité n’est pas un truc de femmes. Les hommes aussi sont les victimes d’une répartition sociale des rôles qui ne correspond plus aux aspirations des individus, du moins de la moitié qui finit par divorcer. Quand on met un terme au contrat conclu pour la vie, il reste généralement deux personnes. Meurtries et appauvries. Les grandes théories apprises à l’université font pâle figure lorsqu’on entend celui qui se saigne pour payer les contributions de son ex qui ne trouve plus une place convenable. Et les conséquences vont bien au-delà de la seule question du divorce.

La peau dure

Je n’étais pas né lorsque le peuple et les cantons ont inscrit l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes dans la Constitution. Les inégalités structurelles ont la peau dure. Les mesures utiles et raisonnables sont rares, alors appliquons au moins celles-ci. Comme adopter un congé parental et ouvrir des crèches (de la responsabilité des cantons, mais c’est un autre débat). Ou demander aux sociétés cotées en bourse de réfléchir à l’égalité, à défaut de la vivre.


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