Opinion

Exprimer son opinion est encore trop souvent une affaire d’hommes

Seuls 20 à 25% des textes publiés en page Débats sont signés de femmes. Cela peut changer

«Bonjour, je vous propose pour vos pages Opinions le texte ci-dessous de mes collègues Jean et François qui j’espère saura retenir votre attention en vue d’une publication dans Le Temps.» C’est signé Jacqueline. En tant que responsable des pages Débats, je reçois régulièrement des textes transmis par des femmes – secrétaire de parti, collègue de recherche, etc. – dont les auteurs sont des hommes. Et chaque fois, je me demande: mais pourquoi n’ont-elles pas écrit elles-mêmes ces textes? Et pourquoi n’arrive-t-il presque jamais qu’un homme propose le texte d’une femme?

Piloter les pages Débats d’un journal, si l’on est soucieux d’un certain équilibre des genres, peut être très frustrant. La pente naturelle, c’est-à-dire l’envoi spontané de textes à la rédaction est le fait d’hommes dans 80 à 85% des cas. Si l’on veut corriger cette moyenne, il faut faire preuve de volontarisme, en sollicitant prioritairement des femmes et en alertant les collègues des autres rubriques pour «rabattre» les plumes dans leur domaine vers cet espace d’expression. Cela ne va pas de soi.