Ce dimanche, la plupart des journaux insistent sur ce curieux paradoxe. Alors que le landerneau politique, lui, est aussi frileux que d’habitude sur la crise migratoire et les réfugiés, les mouvements spontanés des Suisses face au drame des réfugiés se multiplient. On apprend en lisant la NZZ am Sonntag, le SonntagsBlick et la Zentralschweiz am Sonntag que les œuvres d’entraide, comme Caritas ou l’Entraide protestante suisse, sont énormément sollicitées par les citoyens désireux de venir en aide aux réfugiés. Et la Chaîne du bonheur a déjà récolté 1,8 million de francs dans le cadre de son opération «Réfugiés».

Le Matin dimanche, comme le SonntagsBlick, choisissent de montrer les initiatives individuelles qui fleurissent en Suisse pour tendre la main aux réfugiés. Et du côté des politiques, qui se mouille? Deux anciennes conseillères fédérales socialistes, ce qui est assez significatif. Dans le Matin dimanche, Ruth Dreifuss salue les gestes d’entraide des Suisses en faveur des réfugiés et en appelle à une simplification des procédures. Dans le SonntagsBlick, c’est Micheline Calmy-Rey qui s’exprime. Elle regrette que la politique extérieure de Berne ne soit pas plus proactive. «Regardez!», enjoint l’ancienne ministre devant la photo du petit Syrien emblématique.

■ Christian Levrat contre Viktor Orban

Ce même journal demande à Christian Levrat ce que les politiques suisses devraient faire face à la crise migratoire. Si le président du parti socialiste admet que la Suisse devrait booster sa capacité d’accueil, sans autre précision, il préfère fustiger Viktor Orban, «qui ne respecte pas les droits de l’Homme», et conseille à la Suisse de «retenir ses paiements versés dans le cadre du milliard de cohésion» et d’interdire au premier ministre hongrois l’entrée en Suisse. Il propose aussi de fournir davantage de moyens financiers aux organisations qui sécurisent les axes empruntés par les migrants à travers l’Europe. Autant de propositions qui ne devraient pas fâcher grand monde.

Lire aussi: «Christian Levrat demande un gel des versements à la Hongrie».

Sur le plan logistique, il faut lire la NZZ am Sonntag et la Schweiz am Sonntag pour apprendre que le Corps des gardes-frontières est fin prêt, en cas d’afflux de réfugiés à l’est de la Suisse. Son chef, Jürg Noth, dit sentir déjà le fait que l’Autriche laisse passer les réfugiés vers l’Allemagne, quasiment sans contrôles.

Lire également le récit de la journée de samedi: «L’Autriche et l’Allemagne accueillent des milliers de migrants».

■ Le Big Brother de l’assurance maladie, c’est pour demain

Celui qui ne vit pas sainement sera puni! C’est par ce titre alarmant que le SonntagsBlick prévient: les assureurs maladie sont en train de collecter toutes les données possibles sur notre santé, afin de pouvoir, à terme, moduler les primes d’assurance maladie en fonction des profils de risques. Ainsi, surpoids, tabagisme ou consommation excessive d’alcool auront un impact sur le porte-monnaie des assurés concernés. On apprend que la CSS est l’une des premières caisses à céder au fichage numérique.

■ Du football en français dans le texte

On ne cède pas au plaisir de relever le titre du cahier des sports du SonntagsBlick. Ce n’est pas tous les jours que ce journal alémanique populaire titre en français. «Vive la Suisse!», écrit-il ce dimanche, pour saluer le «miracle de Bâle», qui a vu la Nati transformer un 0:2 en 3:2 dans le dernier quart d’heure, et prendre ainsi le chemin de la France pour l’Euro 2016.

■ Un voyagiste dans la tourmente

Deux journaux alémaniques relèvent les problèmes du voyagiste Kuoni. La NZZ am Sonntag met en lumière la chute spectaculaire du cours de l’action. En cause: l’endettement élevé de l’entreprise, la faiblesse de ses marges et une politique de communication irritante. De son côté, la Sonntagszeitung estime que les problèmes de Heinz Karrer à la tête de Kuoni pourraient l’embarrasser dans son poste de président d’Economiesuisse.

■ Investissements de la BNS: deux poids, deux mesures

Alors que la Banque nationale suisse (BNS) avait dit renoncer aux investissements dans des entreprises peu recommandables, comprenez des fabricants de mines antipersonnel ou de bombes à sous-munition, voici que la NZZ am Sonntag vient à douter. Des responsables de pareilles sociétés affirment en effet au journal alémanique que la BNS détient des participations pour environ 550 millions de francs dans des entreprises de ce profil, comme Lockheed Martin. La BNS s’est justifiée en disant que le choix des participations se fondait sur les conseils d’experts.

Le Temps publie des chroniques et des tribunes – ces dernières sont proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Qu’elles soient écrites par des membres de sa rédaction s’exprimant en leur nom propre ou par des personnes extérieures, ces opinions reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du titre.