Cette période de confinement sera un marathon. Partout en Suisse romande, cependant, les écoles l’ont commencée comme un sprint. A l’annonce de la fermeture des établissements scolaires le vendredi 13 mars, poussés par leur département respectif, les enseignants ont multiplié les initiatives, faisant souvent preuve d’un enthousiasme admirable et d’une incroyable inventivité. Mais l’enseignement à distance ne s’improvise pas. Peu de choses étaient prêtes au moment où l’épidémie a frappé. Pris de court, tout le monde est parti dans tous les sens. Déjà ébranlées, les familles se sont retrouvées submergées par les demandes du monde enseignant.

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Il est temps de tirer le frein à main, de stopper cette machine qui s’est emballée. Continuer ainsi provoquera de la casse et laissera beaucoup d’enfants sur le bas-côté, entre autres ceux qui rencontrent des difficultés d’apprentissage ou ceux dont les parents ne peuvent pas assurer le suivi des cours. Les autorités cantonales ont pris conscience du danger et ont commencé à prendre des décisions pour mieux cadrer les pratiques, afin de faire baisser la forte pression mise sur les enseignants et les familles. Ces mesures doivent impérativement être appliquées sur le terrain et généralisées.

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Enfants confrontés à la mort

Car il y a urgence. Il faut prendre conscience que, dans cette crise sanitaire sans précédent, nous n’avons pas encore franchi le milieu du gué. Ces prochaines semaines, beaucoup d’enfants verront des membres de leur famille tomber malades, être isolés en quarantaine, parfois hospitalisés aux soins intensifs. Certains seront confrontés à la mort de proches. Sans oublier les difficultés économiques que devront affronter bon nombre de leurs parents, entre menace de chômage ou de faillite, fragilisant des familles entières.

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A plusieurs reprises, le conseiller fédéral Alain Berset a appelé à réduire le rythme de la société. Le système scolaire doit lui aussi réduire le rythme. L’école doit poser ses priorités, garder le lien avec les élèves, s’assurer qu’ils vont bien, les aider à structurer leurs journées dans un quotidien où tous leurs repères ont disparu et les accompagner le mieux possible tout au long de cette épreuve. Il ne faut pas avoir peur de mettre le programme entre parenthèses. Faisons confiance à nos enfants, et à leurs enseignants: le retard sera rattrapé lorsque la vie pourra reprendre son cours normal. Et concentrons-nous sur l’essentiel.