Tout est perdu! C’est un goût de cette amertume-là que l’on garde dans la bouche après deux semaines de COP26. Après six mois de dômes de chaleur, d’inondations monstres et d’incendies meurtriers. Et après des années d’alertes scientifiques vaines sur le dérèglement climatique.

Alors oui, l’humanité semble bien partie pour se fracasser contre un mur en briques – probablement durant une gigantesque panne d’électricité tant qu’on y est. Le constat est dramatique et un brin désespérant, surtout lorsque l’on comprend que l’action individuelle ne pèse pas bien lourd dans cette équation.

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Troquer son véhicule thermique pour un SUV électrique ou sa côtelette d’agneau pour une tranche de fausse viande fait certes du bien à notre conscience (en limitant les dégâts). Mais cela ne permettra pas à la planète de rester vivable pour nos enfants. Alors, quelle posture adopter? La décroissance? Trop clivante – et irréaliste – pour s’imposer dans le monde aujourd’hui.

Dans le cadre d’une opération réalisée conjointement avec la RTS et Nous Production, Le Temps est allé visiter dix petites entreprises suisses qui travaillent d’arrache-pied pour tenter d’améliorer la situation. C’est parfois discret, souvent modeste, toujours malin.

A Yvonand, nous avons rencontré un homme d’affaires qui a compris comment réduire les milliards de pneus usagés qui brûlent dans les cimenteries en une fine poudre réutilisable par l’industrie. A Sion, c’est un ancien pilote qui pense que ses drones pourraient remplacer les hélicoptères pour l’épandage sur les vignes. A Fribourg, une patronne convaincue que ses machines qui «impriment» des structures en béton recyclé vont améliorer considérablement l’impact CO2 des chantiers. Discret, modeste, malin.

Pas de naïveté

Dix exemples d’horizons complètement différents, mais une même énergie. Ces entrepreneurs sont des passionnés qui consacrent leur temps libre et leur argent à ces projets. A leur échelle, ils ont pris conscience du problème et tentent d’esquisser une solution. Ils ont préféré l’action au désespoir.

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Nous ne sommes bien sûr pas naïfs. Tout comme le SUV électrique et la fausse viande, les apps qui mesurent les économies de CO2 ou l’hydrogène fabriqué grâce à des copeaux de bois ne sauveront pas la Terre. Pour cela, il faut s’adresser aux scientifiques, aux gestionnaires d’actifs, aux multinationales et aux gouvernements.

En revanche, lorsque, individuellement, nous nous désespérons face au flot continu de mauvaises nouvelles liées au climat, pensons à ces milliers d’entrepreneurs qui œuvrent avec humilité pour changer les choses. Tout est perdu? Peut-être. Mais, en attendant la fin du monde, cela fait du bien d’essayer de l’améliorer.