« Si cela continue, il faudra que nous fermions la frontière provisoirement ». Face à l’afflux de réfugiés provenant d’Italie, le gouvernement tessinois n’exclut pas de prendre une mesure drastique, si l’on en croit les déclarations de son président, le Léguiste Norman Gobbi, à la NZZ am Sonntag.

Dans l’esprit du président tessinois, une telle mesure servirait à faire pression sur les autorités italiennes et françaises, « qui ne remplissent pas leurs obligations. » L’Italie se voit reprocher de ne pas enregistrer correctement les requérants, notamment en omettant de relever les empreintes digitales, contrairement à ce qu’exige la convention de Dublin. Quant à la France, elle a elle même « fermé pratiquement » sa frontière avec l’Italie il y a quelques jours.

De janvier à mai 2015, 3150 personnes en situation irrégulière ont été interpellées au Tessin, pour un total de 7000 au niveau suisse. Ces migrants proviennent en majeure partie d’Erythrée, Gambie, Somalie et Nigéria. 60 à 70 réfugiés arrivent chaque jour à Chiasso, et 350 le week-end dernier.

Norman Gobbi ne précise comment et sur quelle base légale cette fermeture de frontière serait possible. Son camarade de parti, le conseiller national Lorenzo Quadri, voudrait de son côté clotûrer la frontière, «comme la Hongrie le fait face aux réfugiés serbes», tout en admettant, dans la Schweiz am Sonntag, que «cela ne semble guère réaliste en Suisse.»

« Système d’asile obsolète »

Toujours dans la NZZ, le président du Parti libéral-radical, Philipp Müller, dénonce comme dépassée la conception suisse de l’asile, dont le système est encombré par des migrants économiques et de guerre à qui il n’est pas destiné. Pour les réfugiés de guerre, le chef des libéraux-radicaux préconise de les regrouper dans des camps ouverts et protégés, le plus près possible de leur patrie, et donc hors d’une Europe, avec laquelle il invite la Suisse à chercher une solution commune. Le président du PLR s’oppose à l’engagement de l’armée aux frontières, réclamé par l’UDC. Comparant la frontière au Farwest, Philipp Müller estime que les compétences professionnelles des gardes-frontière y sont indispensables.

« PLR et PDC pas dignes de confiance »

Toni Brunner, le président de l’UDC, ne croit plus guère au pacte conclu au printemps avec le PLR et le PDC pour préserver la situation économique de la Suisse. Ces partis « ne sont pas dignes de confiance », déclare-t-il dans une interview à la Schweiz am Sonntag, relevant que ses homologues Christophe Darbellay (PDC) et Philipp Müller (PLR) « ont soutenu des idées qu’ils ne peuvent pas défendre devant leurs militants.»

En mars, les présidents des trois formations s’emblaient s’être mis d’accord, lors d’une conférence de presse commune et de ce fait spectaculaire, sur treize mesures pour renforcer la place économique suisse frappée par le franc fort. Mais cette alliance s’est petit à petit effritée.

Des contrats suspects

Le groupe Genolier, second acteur hospitalier privé de Suisse (derrière Hirslanden), est épinglé par la SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche pour imposer une part de sponsoring à ses fournisseurs lors de l’achat de matériel. Une pratique contrevenant aux règles du secteur, où les rétrocommissions sont interdites.

La cellule d’enquête de ces hebdomadaires documente deux cas concernant ce groupe, qui a son siege dans le canton de Vaud et possède quinze cliniques en Suisse. Dans l’un de ces cas, le fournisseur retenu pour livrer quatre tables d’opération et dix-neuf appareils d’anesthésie, pour un montant total de 1,2 millions de francs, a reversé 633 000 francs en «sponsoring», soit la moitié de la commande.

La direction du groupe hospitalier nie toute infraction aux dispositions légales, assurant que ces contrats incluaient «une participation à divers programmes de promotion, formation et information.» Bernhard Wegmüller, directeur de l’association faîtière des hôpitaux, annonce que cette situation sera examinée par «H+».

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