Cette semaine, la première de nos séries de débats estivaux, pilotée par Alain Werner, directeur du réseau international d'avocats Civitas Maxima, est consacrée à la justice internationale. Elle donne aujourd’hui la parole aux acteurs qui animent l’actualité en Suisse dans le domaine du droit pénal international.

En acceptant de signer cette tribune, j’ai pleinement conscience de ne pouvoir que décevoir. Si j’occupe la fonction de procureur général de la Confédération depuis un peu plus de neuf mois désormais, j’ai derrière moi plus de trente années au service des autorités de poursuite pénale; aussi je ne connais que trop bien les attentes et les exigences parfois démesurées à l’endroit de l’Autorité. Et le domaine du droit pénal international (DPI) n’y fait pas exception. Sa dimension hautement émotionnelle eu égard au caractère insupportable des crimes poursuivis rend, de l’extérieur, la nature même d’une procédure pénale incompréhensible. Et ce, trop souvent à l’aune d’un manichéisme façonné dans une vision du monde où s’opposent les «bons» et les «mauvais» – vision morale que le droit heureusement ne reconnaît pas.