Ma semaine technologique

Avec Facebook Live, la mort désormais en direct

Le tueur du couple de policiers de Magnanville a filmé son acte avec Facebook Live. Une prise de conscience est désormais nécessaire au sujet des nouvelles technologies

La technologie a été au cœur de l’actualité dramatique de cette semaine. Le tueur du couple de policiers de Magnanville a filmé la mort presque en direct avec Facebook Live, une première. Difficile de dire ce qu’il a montré, son compte dénombrait heureusement un nombre restreint d’amis et, mis à part les forces de police et quelques journalistes, très peu de personnes ont pu visionner la vidéo de 12 mn du djihadiste.

Mais c’est une nouvelle étape dans la publicité des actes de terrorisme. En janvier 2015, le tueur de l’Hyper Cacher à Paris s’était filmé avec une Go Pro et avait eu besoin d’un ordinateur pour décharger ses images et les envoyer à quelques destinataires. C’était encore un dispositif assez lourd. La technique a dramatiquement évolué depuis.

En mars 2016, les chaînes d’info en continu ont déjà largement utilisé les vidéos de Periscope prises par les passants lors de l’arrestation de Salam Abdeslam à Molenbeek. L’application permet en effet de zoomer sur n’importe quel endroit du monde et voir ce qui s’y passe, pour peu qu’un autre utilisateur filme à ce moment-là.

Quand le tueur du couple de policiers français assassinés lundi s’est introduit chez eux, il souhaitait frapper une famille mais surtout terroriser tout un pays. Pour cela, un équipement rudimentaire lui a suffi: une lame et un téléphone. Avec la première, il a mis à mort, avec le second il a voulu exhiber l’horreur grâce à Facebook Live, mis en service en janvier dernier en France.

L’accélération du nombre de possibilités offertes par les technologies est vertigineuse. Particulièrement depuis que ceux qui l’utilisent pour commettre des crimes ne craignent pas d’être tracés ou retrouvés puisque leur action s’apparente à celle des kamikazes. A partir de là, nous devons être conscients que nous verrons tous un jour des images atroces de tueries, même en direct et, qu’à cause de l’autoplay de Facebook, on ne nous laissera même pas forcément le choix de les visionner ou pas.

Si les algorithmes des réseaux sociaux parviennent sans difficulté à repérer la nudité, ils sont pour l’instant bien incapables de déchiffrer un meurtre ou une action terroriste. Reste que les capacités de calculs augmentent à une vitesse telle que la technologie va bientôt prendre sa revanche. Prédictive, elle permettra d’anticiper à grande échelle les crimes et délits, comme dans le film «Minority Report». Ce sera alors à nos démocraties de décider s’il faut criminaliser les intentions et plus seulement les faits.

Publicité