Facebook pourra déterminer si un utilisateur est de la «classe ouvrière», de la «classe moyenne» ou de la «classe supérieure», selon un brevet déposé au début de février. D’après les explications données dans le texte, des algorithmes dotés d’intelligence artificielle pourront détecter le niveau socioéconomique d’un individu sur la base de certains critères, pour le moins inhabituels. Par exemple, l’indication de richesse serait basée non sur le revenu, mais sur le nombre d’appareils connectés utilisés par une même personne. De même que le niveau d’engagement sur le réseau social sera un facteur qui s’ajoutera aux critères de la tranche d’âge des 20-40 ans.

Des moqueries

Rien de surprenant au fait que Facebook tente de connaître le pouvoir d’achat de ses utilisateurs afin de leur servir des annonces ciblées, mais ce document a été accueilli avec moquerie par la presse technologique, pour avoir redéfini l’échelle sociale avec des valeurs «siliconvalleyesques». Cependant, il faut savoir que le géant du Web dépose près d’un millier de brevets par an, mais que la plupart d’entre eux ne seront jamais utilisés. «Il ne faut pas les interpréter comme une indication de ce que nous comptons faire à l’avenir», affirme un porte-parole de Facebook sur Gizmodo.

Le bout de scotch de Mark Zuckerberg

Un autre logiciel déposé par le géant du Web interpelle à son tour. Il s’agit du Boredom Detector (ou détecteur d’ennui), un système qui permet de comprendre ce qui retient l’attention d’un utilisateur lorsqu’il parcourt son fil d’actualité. Mais comment diable peut-il le savoir? En suivant le déplacement de ses yeux sur l’écran à travers la webcam de son ordinateur. Du coup, on comprend mieux pourquoi Mark Zuckerberg a recouvert le sien d’un bout de scotch! Un fait d’actualité révélé par une photo qui avait fait le tour du Web l’an dernier.

En vérité, ces méthodes de collecte de données ne seront probablement jamais appliquées, non par respect pour nos vies privées, mais parce qu’elles ne sont pas conformes à la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données qui entre en vigueur en mai 2018 et qui est à prendre avec le plus grand sérieux. Toute entreprise jugée en violation de cette loi encourt une pénalité de 4% de son chiffre d’affaires annuel global.


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