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Facebook se rêve en Cupidon, les internautes se méfient

Mark Zuckerberg a présenté mardi sa nouvelle fonctionnalité Dating, qui vise à favoriser les «rencontres durables». Tinder et les autres concurrents chutent de 19% en bourse

Facebook ne veut plus se contenter de «connecter» les gens entre eux, il veut désormais créer des liens authentiques, faire naître des sentiments. Avec la nouvelle fonction Dating, un outil de rencontre intégré au réseau social fort de 2,2 milliards d’utilisateurs, Mark Zuckerberg se rêve en entremetteur, louvoyant ainsi sur les terres de Tinder, leader mondial en la matière. Précision du grand patron: il ne s’agit pas seulement de «plans d’un soir» mais bien de «relations durables».

Si le lancement de la nouvelle fonctionnalité n’est pas prévu avant plusieurs mois, sa simple annonce a pourtant déjà occasionné des conséquences très concrètes. Mardi, l’action du groupe Match, qui détient les applications Tinder, Match, Meetic ou encore OKCupid, a chuté de 19% à la bourse de New York. Mercredi, le compte Twitter @Tinder demeurait impassible, vantant les mérites du «perfect match» à travers un rendez-vous VIP.

Célibataires en ligne de mire

Cible des convoitises: les quelque 200 millions d’usagers inscrits comme «célibataires» sur le réseau social. Après avoir créé un profil spécifique, ces utilisateurs se verront proposer des groupes ou des événements basés sur leurs centres d’intérêt. Ils accéderont alors aux photos des autres participants et pourront les contacter par message privé. Cet accent mis sur les interactions humaines n’est pas nouveau. Au début de l’année, Facebook avait déjà modifié l’algorithme du fil d’actualité pour favoriser les publications d’amis au détriment de celles des marques ou des médias.

«Je te dirai qui tu aimes»

Face aux ambitions hégémoniques de Mark Zuckerberg, hier encore chahuté pour avoir livré les données personnelles de plus de 80 millions d’Américains à la société Cambridge Analytica et aujourd’hui sommé de s’expliquer devant une commission britannique, les internautes ne sont pas dupes. «Donne-moi tes datas et les pubs que tu regardes, je te dirai qui tu aimes», raille @PaulRaconte.

«Avec toutes ces applications de dating qui demandent de rentrer son compte Facebook pour authentifier les photos, le patron du grand réseau a logiquement compris qu’il y avait un coup à jouer. Encore plus de données personnelles à récolter. C’est tout bénéf», souligne @effectivement11. «#Facebook en passe de devenir un bête site de rencontre… Je ne verrai plus le like de la même manière maintenant!» lance encore @lesuricate8.

Garanties de confidentialité

Durant la conférence, Mark Zuckerberg a affirmé que le profil créé ne sera pas visible par les amis des utilisateurs. Aucune information ne sera affichée sur le fil d’actualités. Et les messages reçus et envoyés seront également séparés de la boîte principale. Ces précautions ne suffisent pas à rassurer les utilisateurs, inquiets de voir à nouveau leur vie privée exposée.

Méfiance accrue

Certains internautes se montrent même plus sévères. A l’instar d’@affordanceinfo, qui scrute d’un œil méfiant l’appétit de Facebook. «C’est énorme, car la puissance du truc est juste démente en termes d’implication sociétale. Et énorme parce qu’il faut être à peu près totalement inconscient pour balancer ça à peine sorti du scandale #CambridgeAnalytica…» Ni une ni deux, @clochix ironise: «Facebook propose de le laisser choisir vos prochain·e·s partenaires et de gérer toute votre vie sexuelle et ou amoureuse. Je ne vois pas ce qui pourrait mal se passer, ils ont maintes fois prouvé qu’on pouvait leur faire confiance.»

Seul contre tous, @TheMaxisms souligne la capacité du patron de Facebook à sans cesse se renouveler: «Dites ce que vous voulez sur Zuckerberg, mais c’est un génie. Il a su introduire une fonction pour effacer l’historique de navigateur en même temps que l’option dating.»

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